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19 Décembre 2018 | 11, Tevet 5779 | Mise à jour le 18/12/2018 à 23h36

Rubrique France/Politique

Voeux d'Emmanuel Macron à la communauté juive: une cérémonie historique à La Victoire

Emmanuel Macron à la Victoire, le 4 septembre (Crédit: @MordehaiLubecky sur Facebook).

La grande synagogue parisienne était pleine à craquer, mardi 4 septembre, pour la réception exceptionnelle du Président de la République, Emmanuel Macron.Reportage.

Il est presque 20 heures quand les organisateurs annoncent l’arrivée imminente du chef de l’Etat. A ce moment-là, aucun des 2 000 sièges de la synagogue de la Victoire, en bas comme à l’étage, n’est libre. Les télephones s’agitent dans tous les sens pour immortaliser cet instant «historique» qui fera donc date dans les archives du Consistoire et de la République. Jamais un locataire de l’Elysée en exercice n’avait effectivement pris part à une telle cérémonie de voeux marquant le Nouvel an juif. Le protocole des dernières années prévoyait une prise de parole du ministre de l’Intérieur remplacée ensuite par celle du Premier ministre. 

C’est dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse que le président Emmanuel Macron, kippa noire vissée sur la tête, a effectué son entrée depuis l’allée centrale sous l’air des choeurs de l’édifice. Un bain de foule de plusieurs minutes qui a eu pour effet de lui redonner un brin de sourire après une journée marquée par un mini-remaniement gouvernemental. Dans les premiers rangs, certains de ses ministres sont là : Gérard Collomb (Intérieur), Jean-Michel Blanquer (Education nationale) ou encore Mounir Mahjoubi (secrétaire d’Etat au numérique). Quelques minutes plus tôt, la venue de Nicolas Sarkozy était chaudement saluée par l’assistance richement représentée ce soir-là sur le plan communautaire, associatif, politique et médiatique.

Le président des Consistoires Joël Mergui, dans une allocution religieusement suivie, a fait part des craintes et des espoirs d’un judaïsme qui a «contribué à bâtir la France puis l’Europe». Il a aussi fait référence à l’antisionisme, une « forme réinventée de l’antisémitisme». Puis, en écho au projet en cours du Centre européen du judaïsme (actuellement en travaux dans le 17ème arrondissement de la capitale), il a évoqué cette nécessité de «provoquer un sursaut», d’«impulser un nouvel élan», de « se mettre en mouvement» ou en «marche». Une dernière formule vivement applaudie dans la salle.        

« Il faut aller jusqu’au bout de ce qui nous est possible pour défendre nos valeurs et celles de la France», a martelé Joël Mergui, informant au passage l’assemblée que le président Macron venait tout juste de lui assurer qu’« il se rendrait prochainement en Israël ».

Place ensuite au Grand Rabbin de France. « Merci monsieur le président de votre présence historique. Vous ne pouvez pas y prendre la parole car la laïcité a ses contraintes. J’ai rarement vu autant de chaleur et d’humanité que lorsque vous êtes venus, en silence, en frère, sous une pluie diluvienne qui faisait écho aux larmes du ciel, aux obsèques de Mireille Knoll. Mais vous êtes aujourd’hui comme ce que le judaïsme a de plus beau, le Mur Occidental de Jérusalem, à qui nous confions nos peines et nos espoirs sans qu’il ne nous réponde alors que nous savons bien que quelqu’un nous entend. Cette écoute est la parole la plus pure car elle s’adresse au cœur», introduisait brillamment Haïm Korsia. Avant d’ajouter : « Le judaïsme français s’est toujours identifié à la République. L’un comme l’autre ont compris l’enjeu de la transmission (...). Nous nous inquiétons de la montée des racismes en Europe, des manifestations en Allemagne, de l’obscurcissement de la scène internationale, mais nous portons cette confiance en l’avenir malgré tout ».

 La cérémonie s’est poursuivie avec la récitation de la prière de la République, initiée par le Grand Rabbin de Paris, Michel Gugenheim. En guise de clôture, une magnifique «Marseillaise» était reprise par l’ensemble de la foule.

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