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19 Décembre 2018 | 11, Tevet 5779 | Mise à jour le 18/12/2018 à 23h36

Rubrique France/Politique

Dérèglement climatique, état des lieux

Une centrale électrique à Haïfa (Flash 90).

Les scientifiques tirent régulièrement l’alarme sur le climat et les conséquences concrètes de son dérèglement. Comment ces phénomènes météorologiques se traduisent-ils concrètement ?

« J’espère qu’il tirera les leçons [de ma démission]. J’espère que ce geste sera utile, pour que chacun se pose la question de sa responsabilité. ». C’est dans ces termes que Nicolas Hulot a annoncé sa démission en direct sur France Inter, le 28 août dernier. Le ministre de la transition écologique et solidaire mettait ainsi un coup de projecteur la situation climatique. En quittant le gouvernement avec fracas, il tirait la sonnette d’alarme sur la nécessité d’une politique environnementale d’ampleur et l’absence de moyens investis par l’exécutif. Si rien n’est fait pour inverser le cours des choses dans les décennies à venir, les prévisions scientifiques ressemblent à des scénarios d’apocalypse. Les analyses prévoient par exemple que dans 50 ans, le niveau des océans aura augmenté de 10 centimètres. Les ouragans et les cyclones s’intensifieront et la température moyenne de la surface de la Terre augmentera de 0,3 à 4,8°C. Les feux de forêt se feront plus fréquents et une immigration massive est à prévoir. « Il y a des lieux qui cessent d’être habitables, ce qui entraîne des déplacements de population », explique Jean-François Strouf, président de l’association Judaïcal-association de l’environnement et animateur de l’émission « Les pieds sur terre » sur Judaïque FM. « De même, l’augmentation de la température des océans, des terres a pour conséquence la disparition de coraux et de certaines espèces animales. Cela entraîne un bouleversement de la biodiversité, nécessaire dans l’alimentation des prédateurs. C’est toute la chaîne alimentaire qui est en danger », ajoute-t-il. « On est pas dans le catastrophisme, mais dans le constat d’un certain nombre de faits irrémédiables » conclue-t-il.

Si ces « faits irrémédiables » sont encore peu ressentis dans les pays dits industrialisés, ils sont bien visibles dans certains pays d’Afrique. Particulièrement touchés par les ouragans, les inondations et les séismes, ces pays qui abritent les populations les plus vulnérables de la planète et le plus grand nombre de victimes liées aux phénomènes météorologiques puissants. A titre d’exemple, le 14 août 2017, des inondations catastrophiques ont fait quelque 500 morts et plus de 800 disparus en Sierra Leone, l’un des pays les plus pauvres du monde. Il s'agit de la pire catastrophe qu'a connu la capitale, Freetown. Des pluies continues avaient saturé le sol des collines surplombant certains quartiers. Celles-ci ont cédé sous le poids, causant les coulées de boues qui ont emporté 349 habitations.

 Alors que le monde tel qu’on le connaît se transforme sous nos yeux, le défi du XXIème siècle sera de faire en sorte que chaque habitant de la planète se sente responsable du monde qui l’a vu naître. A échelle individuelle, des gestes simples permettraient de responsabiliser les individus sur la question. Le tri sélectif des poubelles, la réduction de la consommation d’électricité, d’eau, le choix des transports en commun, sont autant de façon de consommer responsable. Dans le judaïsme, le pikouah nefech consiste à prendre en compte des dangers immédiats et à agir si nécessaire. Une sorte de principe de précaution qui trouve tout son sens alors que la planète est menacée.

 

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