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19 Décembre 2018 | 11, Tevet 5779 | Mise à jour le 18/12/2018 à 23h36

Rubrique France/Politique

Sélectionné pour le prix Renaudot, Marco Koskas dénonce le fond anti-israélien des éditeurs français

Cette autoédition a fait bondir une partie du monde du livre qui considère qu’un prix littéraire n’a pas à promouvoir un ouvrage édité par Amazon (DR).

Le Franco-israélien dont l’ouvrage auto-publié est sélectionné pour le prix Renaudot, juge que son livre a été refusé par les maisons d’éditions traditionnelles à cause "de la diabolisation d'Israël".

Marco Koskas n’en est pas à son coup d’essai. Ce Tunisien d’origine qui a déjà publié une quinzaine de romans dans des prestigieuses maisons d’édition françaises telles que Fayard, JC Lattès, ou encore Calmann Levy a fait ses preuves. En 1979, son ouvrage « Balace Bounel » a été couronné du prix du Premier Roman et le critique Patrick Besson ne tarit pas d’éloge à son sujet. « Koskas est un combattant du style. Il est resté cru comme un guerrier tartare. En 30 ans d'exercice littéraire patient, il n'a jamais cédé au mauvais goût du jour », explique-t-il à son sujet.

 L’auteur a pourtant été contraint de se tourner vers l’autoédition du géant américain Amazon, via la plateforme CreateSpace, pour publier « Bande de Français », son nouveau roman sélectionné pour le prix Renaudot. En effet, les maisons d’éditions qui le publiaient jusque-là ont refusé l’ouvrage, et le Franco-israélien a sa petite idée sur les raisons qui motivent ces refus. « La diabolisation d’Israël a pris de plus en plus de place dans le milieu éditorial », explique-t-il au Times of Israël, évoquant un « état d’esprit en France qui adopte le narratif arabo-musulman qui condamne systématiquement Israël ». Son livre raconte l’histoire de nouveaux immigrants en Israël et bascule dans un polar lorsque survient un meurtre obscur. 


Boycott?

Cette autoédition a fait bondir une partie du monde du livre, notamment les libraires, qui considèrent qu’un prix littéraire n’a pas à promouvoir un ouvrage édité par Amazon, dans la mesure où la plateforme met en danger la pérennité de leur métier. Comme le rapporte Livres Hebdo, sept associations régionales représentant au total 544 librairies indépendantes, s’associent au Syndicat national de la librairie (SLF) pour dénoncer cette nomination au travers un communiqué.

« Le prix Renaudot légitime et participe à la mise en danger de la création et de la chaîne du livre. », écrivent-ils. Outre la menace de tout un écosystème déjà fragile, la diffusion exclusive de ce titre sur Amazon oblige à faire l’impasse sur l’ensemble des librairies indépendantes françaises. Ces dernières constituant pourtant un maillage territorial fort et une richesse inestimable à la fois pour les lecteurs, les auteurs, et les éditeurs », ajoutent-ils. Certains vont même jusqu’à appeler au boycott du prix. L’ouvrage sera-t-il malgré tout présent dans la deuxième sélection du Renaudot ? Réponse le 3 octobre.

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