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16 Octobre 2018 | 7, Heshvan 5779 | Mise à jour le 15/10/2018 à 18h16

Rubrique France/Politique

Marceline Loridan-Ivens, une battante au verbe tendu de dignité

Marceline Loridan-Ivens (Crédit: JF PAGA, avec l'autorisation de Grasset).

Rescapée des camps de la mort, la cinéaste et écrivain, intime de Simone Veil, est décédée mardi 18 septembre .

Marceline Loridan-Ivens, née Rozenberg qui a vu le jour le 19 mars 1928 à Epinal, nous a quittés le mardi 18 septembre laissant toutes celles et ceux qui la connurent et l’apprécièrent dans une profonde tristesse. Marceline Loridan fut déportée à Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi 71 en même temps que son père et Simone Veil, puis après la « Marche de la Mort » elle fut détenue à Belgen Belsen et plus tard à Theresienstadt, où interviendra sa libération par l’Armée rouge le 10 mai 1945.

Son amitié fraternelle avec Simone Veil était passée à la légende. Elles étaient sœurs jumelles, et ce, malgré leur différence d’opinions en matière politique. Leur passage en enfer dont témoignaient leurs numéros indélébiles se succédant l’un l’autre (78651 pour Simone et 78750 pour Marceline) les avaient rendues sœurs de destin. Marceline, cinéaste engagée au passé gauchiste, réalisa en 2003 « La petite prairie aux boulots » reflétant son vécu dans les camps et sa volonté de vivre. On lui doit également un récit émouvant « Et tu n’es pas revenu », avec Judith Perrignon, publié chez Grasset en 2015 qui la fit connaître du grand public et plus récemment : « l’Amour après » en 2018 où elle raconte sa reconstruction sur fond de célébration de la vie…

Marceline, cette battante aux cheveux rouges ne laissait pas indifférente. Son verbe ne donnait pas dans le faux semblant. Face à la flambée de l’antisémitisme, ses paroles étaient des armes tendues de saine révolte et de dignité. Le 16 juillet dernier, elle était présente à la cérémonie du Vel d’Hiv en fauteuil roulant. 

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