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16 Octobre 2018 | 7, Heshvan 5779 | Mise à jour le 15/10/2018 à 18h16

Rubrique Israël

Face au Hezbollah

La construction du rempart à la frontière israélo-libanaise. (Flash90.)

La priorité pour Israël est d'achever la construction du rempart frontalier, dont le tracé, insiste Israël, reste totalement sur le versant israélien de la ligne internationale, contrairement à ce qu'affirme le Liban.

Des engins de levage déposent des plaques de béton de dix mètres de haut et à une quinzaine de mètres derrière, trois miliciens du Hezbollah sur une tour de guet, observent paisiblement le travail des soldats du génie de Tsahal. Un spectacle surréaliste pour les journalistes militaires qui ont pu visiter le chantier du premier tronçon de 11 km de rempart entre Rosh Hanikra et Shlomi et qui doit, à terme, constituer le nouveau dispositif de défense sur les 130 km de frontière avec le Liban.
Tsahal a effectué le 6 septembre une opération de communication inhabituelle sur ses activités à la frontière nord. L'occasion de faire le point sur la situation stratégique, mais aussi d'adresser un avertissement au Hezbollah, en vue de prévenir des attaques contre le chantier de construction du rempart qui va durer encore plusieurs mois. « Nous disposons de moyens d'information et de surveillance bien supérieurs à ceux que nous avions en 2006, à la veille de la 2e guerre du Liban », a expliqué un officier du commandement nord de Tsahal. Surveillance physique et électronique, mais aussi dispositifs destinés à empêcher ou à freiner des tentatives d'incursion.

Un projet pris très au sérieux
Les forces de sécurité israéliennes tiennent à faire savoir qu'elles ne se laisseront pas surprendre et qu'elles connaissent le mode de fonctionnement de l'ennemi. « Le Hezbollah s'appuie sur trois piliers, explique encore l'officier de Tsahal, d'abord la défense du territoire qu'il contrôle avec capacité de mobiliser rapidement des renforts. Ensuite les dizaines de milliers de roquettes ayant une portée suffisante pour couvrir tout Israël. Enfin, un plan d'attaque contre une position de Tsahal ou une localité de Haute-Galilée, qui serait perpétrée par sa force d'élite ». Un projet pris très au sérieux par l'armée israélienne, qui se prépare constamment à ce type de scénario. Il y a quelques jours ce sont des soldats du corps des parachutistes qui ont effectué un exercice de simulation de combat contre le Hezbollah dans le nord d'Israël. C'est le quatrième de ce type en l'espace d'un mois. « Ceux qui réussiront à s'infiltrer en Israël n'en sortiront pas vivants, car nous les tuerons tous », avertit encore le commandement nord de Tsahal.
A ce stade pourtant, Israël n'estime pas le risque imminent. Le Hezbollah est encore occupé par la fin du conflit syrien, où il opère sous les ordres de l'Iran. Et Tsahal considère que sa dissuasion sur sa frontière nord reste efficace, puisque la milice chiite se tient tranquille depuis douze ans. Tout peut pourtant changer très vite. Le Hezbollah contrôle désormais très largement l'armée régulière libanaise. Les guetteurs de Tsahal ont même identifié des membres de l'organisation terroriste pro-iranienne, revêtus des uniformes de l'armée libanaise pour circuler plus librement. La FINUL reste impuissante à contrôler et à enrayer le flux d'armes iraniennes qui continue d'approvisionner le Hezbollah. L'Iran a même recours à des avions de ligne civils de sa compagnie nationale pour transporter des chargements de roquettes vers le Liban.

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