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16 Octobre 2018 | 7, Heshvan 5779 | Mise à jour le 15/10/2018 à 18h16

Rubrique Judaïsme

De Roch Hachana à Sim’hat Torah

(Flash90.)

La richesse des fêtes du mois de Tichri peut soulever un nombre infini de questions qui nécessiteraient un nombre tout aussi infini de réponses. Parmi celles-ci, deux nous interpellent avec une résonance actuelle. Quelle est la différence entre la joie de Souccot et la joie de Sim’hat Torah ? Mais plus essentiellement, pourquoi la fête de Roch Hachana vient-elle avant celle de Souccot ?

Le diction est connu : la joie brise les limites. En règle générale, les relations humaines du quotidien sont réglementées par de nombreux paramètres comme la politesse, l’ignorance du caractère de son prochain ou encore la méfiance. Mais la joie ignore ces frontières et quand deux hommes dansent, ces paramètres disparaissent pour laisser la place à l’unité. L’amour devient possible car les différences ont disparu dans le feu de la joie. Il est intéressant de noter que la joie sera l’une des valeurs dominantes de l’ère messianique puisque la paix règnera dans toute sa plénitude, faisant, à son tour disparaître les distances entre les hommes.


Sans signes extérieurs

Mais pour ressentir cette joie unificatrice, la Torah a besoin de signes concrets comme la Soucca ou le Loulav afin de visualiser l’unité qui doit exister entre nous. Puis, quand durant sept jours, cette unité a pénétré au sein de chaque Juif, il devient possible de l’exprimer naturellement, sans signes extérieurs, simplement par des danses et des chants. C’est la raison pour laquelle Sim’hat Torah vient après Souccoth. Il y a comme une progression.


Une contradiction

Toutefois, ce serait une erreur de penser que cet amour au sein du peuple juif, débouchant sur la joie, ne relève que de l’émotion. Pour battre en brèche cette vision, les fêtes de ce mois débutent avec Roch Hachana. Comme son nom l’indique, cette solennité est marquée par l’importance donnée à la tête puisque Roch Hachana signifie « la tête de l’année ». Pour nous enseigner que l’amour n’est pas exclusivement qu’un sentiment. Il se construit et se fortifie par la réflexion (la tête). Quand l’amour n’est fondé que sur l’expression d’un sentiment, il a peu de chance de perdurer. C’est lorsque l’on réfléchit à l’amour qui nous lie à chaque Juif que la conscience de l’unité devient plus forte. Cette idée peut d’ailleurs s’appliquer dans la vie quotidienne : on évoque sans cesse, dans notre société, les notions d’amour, de proximité ou de respect alors que dans le même temps, les conflits de toutes sortes émaillent les relations humaines. Comment comprendre cette contradiction ? La réponse a déjà été donnée. Les liens entre les individus sont dépourvus de réflexion. Les sentiments existent mais ils ne sont pas construits par des liens intellectuels. Or, par nature les sentiments sont changeants et variables. Sans une assise morale ou spirituelle, ils peuvent s’atrophier ou s’évanouir. Et la Michna le confirme quand elle proclame que l’étude de la Thora est le fondement de la vie juive. 

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