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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Communauté

Jérémie Haddad : « Avec L'Eclaireur, faire entendre une certaine voix juive »

(Capture d'écran)

« L’audace est une royauté sans couronne » selon le Talmud. Le thème est au cœur du premier numéro de la nouvelle revue des EI, L’Eclaireur. Une réussite.

Actualité Juive: Pourquoi les EI se (re)lancent-ils dans l’édition d’une revue dans la foulée de Tenou’a ou de Mikhtav Hadash ?

Jérémie Haddad : Il y a une longue tradition de contributions des EI au développement intellectuel du judaïsme en France : l’école d’Orsay, Manitou (zal), la revue Lumières. Cela s’était perdu un temps, mais nous considérons aujourd’hui le besoin de relancer une revue comme fondamental. Troisième communauté juive mondiale, les Juifs français sont aujourd’hui, pour partie, plus éduqués que dans le passé et attendent de retrouver un apport du judaïsme d’un niveau qualitatif équivalent à ce à quoi ils sont confrontés dans leurs lectures profanes. Aujourd’hui, on ne peut plus se satisfaire de discours simplistes, parfois négatifs et souvent marqués par une certaine approximation en matière de judaïsme. Lancer une revue permettait aux EI, fort de son histoire et de son exigence, de faire entendre une certaine voix. 


A.J.: Vous dites vous inspirer du dynamisme de l’offre intellectuelle du judaïsme anglo-saxon. 

J.H. : Lorsqu’on découvre le blog Seforim ou encore la revue Hakirah, on est stupéfait de la qualité exceptionnelle des contributions, qui sont le fait d’universitaires très brillants et innovants comme Marc B. Shapiro, de médecins ou d’hommes d’affaires d’une grande érudition en matière juive.        Il me semble que l’on ne proposait pas jusque-là de terrain d’expression comparable en France à ces profils un peu atypiques, qui commencent à exister en France. L’Eclaireur vise à combler ce manque.


A.J.: Souhaitez-vous accentuer l’effort de réflexion sur le judaïsme au sein des EI ? 

J.H. : Absolument. Nous avons mis en place un programme de formation pour les cadres dont les pages « Havrouta » proposées par la revue sont issues. Pendant six mois, à un rythme hebdomadaire, des animateurs expérimentés suivent un cursus mêlant une réflexion sur des sujets à thème juif et une initiation à de nouvelles formes d’activités. Celles-ci peuvent prendre la forme d’un atelier «Mikraot Guédolot » sur les commentaires de la Torah ou un parcours à Paris, à bord de Segway, sur les traces de Theodor Herzl imaginant le projet sioniste à la fin du XIXe siècle. 


A.J.: La communauté juive, et par-delà la société française, manque-t-elle d’audace ?

J.H. : Oui ! Certains thèmes envahissent aujourd’hui les débats autour de la communauté juive : l’antisémitisme, la mémoire de la Shoah. Or, comme le disait Yeshayahou Leibowitz, « l’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs. C’est celui des non-Juifs ». Je crois que la pérennité du peuple juif est d’abord corrélée à sa capacité à proposer un judaïsme positif, intellectuellement riche et existentiellement profond. C’est ce que nous essayons de proposer. 


  1. En vente en librairie et sur le site Leclaireur.org
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