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16 Octobre 2018 | 7, Heshvan 5779 | Mise à jour le 15/10/2018 à 18h16

Rubrique Culture/Télé

Aznavour et les Juifs, une amitié profonde

L'artiste décédé dans la nuit de dimanche à lundi devait se produire au Heyhal Menorah Mivtahim, à Tel Aviv, en juin 2019 (Flash 90).

L’interprète de La Bohème entretenait un lien spécial avec le peuple juif et Israël. « Mes amis les plus intimes, ceux qui me mettent les larmes aux yeux, sont Juifs » avait-il déclaré à Actualité juive.

Toute sa vie, Charles Aznavour a affirmé son lien avec le peuple juif. « Je connais le peuple juif depuis mon enfance. Nous avons longtemps vécu de concert, dans le même quartier. Mes amis les plus intimes, ceux qui me mettent les larmes aux yeux, sont Juifs », avait déclaré la star de la chanson française à Actualité juive en 2011. Il avait renouvelé ses propos mi-avril, à Nice-Matin, en affirmant que les Juifs étaient les premiers à l’avoir accepté en tant qu’artiste au début de sa carrière. En tant qu’Arménien d’origine, il percevait une proximité avec le peuple hébreu qui a en commun avec le sien une histoire similaire : une identité, une mémoire, un génocide.

 

Il était également un grand amoureux d’Israël et ne se laissait pas intimider par les appels au boycott. Lors d’une conférence de presse en 2017, il se ventait d’ « être le premier artiste français à s'être produit en 1949 juste après la déclaration d'indépendance », et confiait bien volontiers que sa ville préférée dans le monde était Tel-Aviv. Les trois concerts qu’il avait donné en Terre sainte s’étaient produits à guichet fermé. De même, Israël l’a récompensé de la médaille Raoul Wallenberg, un prix qui célèbre l’aide apportée à des juifs pendant la Shoah. Au plus profond de la guerre, sa famille avait caché des Juifs au péril de leur vie, dans leur modeste appartement parisien.

 

Lors de ce déplacement en Israël, il avait tenté de convaincre Shimon Peres qu’Israël intègre la poignée de pays qui reconnaissent le génocide arménien, les deux hommes s’étaient très bien entendus. « Lorsque j’ai rencontré le Président Peres, nous avons merveilleusement communiqué. Savez-vous pourquoi ? Parce que nous avons le même langage. La chanson « Ils sont tombés» parle du génocide, sans dire explicitement où cela s’est passé. Seule la fin désigne « les enfants d’Arménie ». L’un de mes amis juifs m’avait dit à l’époque : « Ah, salaud, je croyais que tu parlais de nous ! », avait-il confié, rieur, à Actualité Juive. 

 

La star au 100 millions d’albums vendus devait se produire au Heyhal Menorah Mivtahim, à Tel Aviv, en juin 2019 mais s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile dans les Alpilles. On dirait de lui que c’est un Mensch.

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