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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique France/Politique

Phillippe Meyer : Un regard juif sur une Europe en mal d’espérance

(DR)

Le billet de la semaine par Philippe Meyer, Président du B’nai B’rith France.

Depuis 75 ans, l’Europe s’est construite sur les ruines de l’horreur et du cauchemar, empruntant un chemin souvent difficile mais jamais ininterrompu, et nous garantissant la paix, la prospérité et le développement. Le 26 mai 2019, les citoyens français éliront leurs députés européens. Ce rendez-vous décisif s’inscrit dans un climat de doutes pour beaucoup, de rejet pour certains, d’inquiétudes pour tous. Il porte en lui des risques majeurs pour notre avenir et celui de nos enfants. L’Europe est prise en tenaille entre l’islamisme radical et les populismes et extrémismes de tous bords qui menacent sa sécurité, ses fondements et son idéal instillé par ses pères fondateurs. 

L’une des principales raisons de la désaffection croissante pour l’Europe tient dans le divorce, vécu par l’opinion publique, entre les politiques qu’elle conduit et les valeurs dont elle se réclame : la démocratie, la justice, la solidarité et l’espérance. Une mondialisation souvent mal maîtrisée, mal comprise et mal acceptée, alimente ce ressenti amer et rend audible et attractif le chant strident des sirènes de la haine qui, en surfant sur les peurs et les rejets, veulent imposer leur vision d’un monde fondé sur les égoïsmes, les replis sur soi et la recherche de boucs émissaires. 

Dans ce climat malsain, les juifs d’Europe sont comme toujours visés par ces discours de haine qui permettent les passages à l’acte. L’antisémitisme et l’antisionisme se répandent partout, les menaces contre les libertés de culte se multiplient et bon nombre de communautés juives européennes sont en danger existentiel, jouant comme souvent ce rôle ingrat de baromètre et de révélateur de sociétés malades. 

Face à cette crise profonde que traverse l’Europe et ces craintes quant à son avenir, le judaïsme a un message d’espérance à porter, une action de résistance à mener et un projet d’avenir à offrir.


« Les juifs savent le prix à payer aux renoncements consentis aux nationalistes, aux extrémistes et aux fanatiques.»


Ce message d’espérance, c’est celui des valeurs, de l’histoire et de la culture juives, nourri et porté avec fierté depuis toujours. Plus que quiconque, les juifs savent le prix à payer aux renoncements consentis aux nationalistes, aux extrémistes et aux fanatiques. 

Cette action de résistance, outre le rôle d’alerte qui a toujours été celui du Peuple juif, c’est le combat sans compromis à mener, avec tous les défenseurs de la démocratie et de nos valeurs communes, contre tout ce – et tous ceux - qui porte(nt) atteinte à notre sécurité et à nos idéaux de liberté, de fraternité et d’humanisme. Ces deux piliers indissociables ont bâti notre histoire et déterminent notre devenir. 

Ce projet d’avenir, c’est celui de continuer à construire sans relâche un judaïsme fort, vivant, ouvert, fidèle à ses valeurs et ancré dans la société. 

Dans ce débat européen qui s’ouvre, il s’agit là de la meilleure des réponses que le judaïsme puisse apporter aux ennemis de cette société de lumière et de progrès que les obscurantistes cherchent à éteindre. Le défi est majeur. Notre responsabilité est grande. Soyons au rendez-vous, comme l’a été en son temps la première Présidente du Parlement européen, Simone Veil.  C’était en 1979. C’était hier. Son histoire, ses combats, sa vision résonnent aujourd’hui plus que jamais. Mobilisons-nous. Votons le 26 mai. L’abstention est l’alliée des extrêmes.

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