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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique France/Politique

Sacha Ghozlan : « Nous demandons l’application des lois »

(DR)

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a réuni ce 23 octobre plusieurs acteurs de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme pour évoquer « un phénomène préoccupant ces derniers mois : la recrudescence d’actes antisémites dans les établissements d'enseignement supérieur ». Parmi les personnes présentes, Sacha Ghozlan, président de l’UEJF.

Actualité Juive : Récemment, des tags antisémites ont été retrouvés à HEC Paris puis une croix gammée a été constatée à Assas Paris2… Quelles mesures les pouvoirs publics peuvent-ils mettre en œuvre pour limiter ces actes antisémites ?

Sacha Ghozlan : Nous assistons depuis plusieurs mois à une multiplication des actes antisémites dans les universités. Nous voulons une condamnation forte et ferme de la part des présidents d’université car ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, le président de l’université d’Assas n’a pas voulu qualifier la croix gammée d’acte « antisémite », sous prétexte que l’antisémitisme ne concernait pas tous les étudiants, or l’antisémitisme est l’affaire de tous ! Aussi, le gouvernement a mis en place des référents racisme et antisémitisme dans les universités, mais ces personnes nommées devraient être plus visibles, mieux formées, et plus accessibles aux étudiants. C’est un sujet qui touche tout le monde, y compris les professeurs. Nous souhaitons également des campagnes de sensibilisation aux faits de racisme et d’antisémitisme ainsi que des dispositifs pour accompagner les victimes. De même que #Metoo, on peut appeler à une libération de la parole des étudiants victimes, que la peur change de camp et qu’elle passe du côté des antisémites. 

Il y a cette semaine des élections universitaires à Tolbiac, nous espérons que nos candidats, Victoria Geraut et Jonas Zennou, têtes de liste FEDER, seront élus. Cela nous permettrait d’assurer la pérennité du local de l’UEJF. 


A.J.: L'UEJF a permis de retirer le site d'Alain Soral des plateformes Google Play Store et Apple. Comment vous y êtes-vous pris ?

S.G. : On s’est rendu compte que cette application était la plus téléchargée de la catégorie actualité. Donc, ces plateformes tiraient des bénéfices d’applications qui proposaient des contenus à caractère antisémites. Nous le leur avons signalé, et demandé de les retirer sous risque de les attaquer en justice pour recel de contenus haineux s’ils ne le faisaient pas. Une semaine plus tard, les deux plateformes les ont retirés. Cela montre bien qu’il y a une nécessité, à la fois, de combattre ces personnes qui propagent la haine et qui ont un écho démesuré, mais aussi de mettre la pression juridique et médiatique sur les plateformes pour qu’elles appliquent le droit français. Le site d’Alain Soral est consulté par 7 millions de visiteurs par mois : on peut imaginer l’ampleur des dégâts, notamment auprès des plus jeunes qui s’informent sur Internet.


A.J.: L'UEJF a déposé plainte contre Dieudonné pour négationnisme après des propos faisant l'apologie des thèses de Robert Faurisson. Qu’attendez-vous de cette plainte ?

S.G. : Dieudonné n’est qu’un cas parmi d’autres. Il faudrait qu’à chaque discours négationniste qui s’exprime sur Internet, la justice soit saisie et qu’une condamnation ait lieu. La parole des rescapés est de plus en plus rare, et parallèlement, Twitter permet la circulation de discours négationnistes en toute impunité. En 2013, nous avions saisi la justice française et fait condamner l’application suite au hashtag « Un bon Juif », un concours de blagues antisémites qui circulait sur le réseau social. Donc le droit français protège les citoyens et nous demandons simplement l’application des lois.

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