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19 Décembre 2018 | 11, Tevet 5779 | Mise à jour le 18/12/2018 à 23h36

Rubrique Israël

Le piège palestinien se resserre

Les services de sécurité sur les lieux du double meurtre de Barkan, où deux Israéliens ont été tués par un terroriste palestinien. (Flash 90)

Israël, pris entre le chantage du Hamas et la fuite en avant de Mahmoud Abbas, doit aussi faire face à une reprise de la violence en Judée-Samarie.

Barkan, la zone industrielle proche de la ville d'Ariel et symbole de la coexistence, a été touchée en plein cœur le 7 octobre. Un Palestinien employé par l'usine Alon, armé d'un pistolet-mitrailleur, y a froidement assassiné deux de ses collègues. Kim Lebengrond-Yehezkel, une secrétaire de 28 ans, jeune maman d'un bébé de 18 mois, a eu les mains ligotées avant d'être abattue. Le terroriste n'a pas laissé plus de chance à Ziv Hadjbi, 35 ans, l'expert-comptable de l'entreprise, lui aussi exécuté. Une autre employée n'a été que blessée, car elle a eu le réflexe de se cacher sous une table. L'assassin, qui a pris la fuite, était toujours traqué par les forces de sécurité, 48 heures après l'attaque.
C'est le deuxième attentat en moins d'un mois en Judée-Samarie, après celui qui avait coûté la vie à Ari Fuld. Le Hamas ne renonce pas à rétablir une infrastructure terroriste en Judée-Samarie. Le Shin-Beth a récemment démantelé une cellule télécommandée depuis Gaza et il ne se passe guère de nuit sans arrestation de Palestiniens recherchés. Le mois dernier, le chef d'état-major alertait le cabinet israélien sur une combinaison de facteurs explosifs pouvant étendre l'embrasement aux Territoires de Judée Samarie.
Au prétexte de protester contre la décision des Etats-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, le Hamas entretient depuis six mois la violence sur la frontière de la Bande de Gaza par des émeutes, tentatives d'incursion et lancers de ballons incendiaires vers Israël. C'est une médiation égyptienne au début du mois d'août qui a permis de faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes, mais la trêve ne tient qu'à un fil. Le Hamas se révèle incapable de gérer une situation économique de plus en plus catastrophique dans le territoire côtier et utilise la violence à la fois comme soupape intérieure et comme moyen de pression sur Israël.

Le Hamas se révèle incapable de gérer une situation économique catastrophique
Plus grave encore, le rôle toxique joué par le chef de l'Autorité Palestinienne. Mahmoud Abbas, dont le pouvoir s'étiole, a mis toute son énergie dans sa lutte contre le Hamas. Isolé diplomatiquement par les Etats-Unis, il s'enferme dans une politique du refus. Refus de reprendre les négociations de paix avec Israël, refus de toute réconciliation avec le mouvement islamiste qui lui a ravi Gaza en 2007, refus de toute tentative étrangère d'assistance humanitaire à l'enclave côtière palestinienne, qui se ferait sans son assentiment. Le chef de l'Autonomie a même menacé les sociétés israéliennes de rompre leurs contrats d'énergie vers son territoire, si elles fournissaient le fuel payé par le Qatar pour alimenter la centrale électrique de Gaza. Tout plutôt que de laisser le Hamas devenir un interlocuteur pour Israël et les acteurs qui tentent de trouver une sortie de crise. Il y a quelques jours, Yahya Sinwar, le chef du mouvement islamiste donnait même sa première interview à un journal israélien pour assurer qu'il ne souhaitait pas une nouvelle guerre.
Israël se trouve donc placé devant un dilemme : maintenir le statu quo avec l'Autorité Palestinienne ou se rapprocher du Hamas pour éviter l'explosion. Binyamin Netanyahou préférerait une troisième option, celle d'une accalmie, qui lui permettrait de se concentrer sur le front nord et la menace iranienne en Syrie, qu'il considère comme le vrai péril stratégique. Mais ses partenaires de la coalition, qui sentent l'approche des élections, commencent à donner des signes d'impatience. Une configuration qui ne peut produire que de mauvaises solutions.

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