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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Israël

Syrie : la surenchère russe

Clichés publiés par la firme israélienne ImageSat International. (ISI)

Alors que Moscou durcit ses conditions pour la reprise des frappes aériennes israéliennes en Syrie, Tsahal n'a pas cessé ses opérations contre l'Iran, mais agit sous le radar.

Les clichés publiés le 24 octobre par la firme israélienne ImageSat International n'étaient pas exactement une bonne nouvelle. Les images satellite montrent 4 lanceurs S-300 déployés sur le site de Masyaf, dans le nord-ouest de la Syrie, à un peu plus d'un kilomètre de la batterie S-400 déjà opérée par l'armée russe. Selon l'analyse de la société ISI, le déploiement est définitif, puisqu'il a été précédé de travaux d'infrastructure pour accueillir le dispositif de défense aérienne avec notamment la construction d'une unité de stockage de missiles. Les experts israéliens estiment pourtant que les batteries ne sont pas opérationnelles, car toutes leurs composantes n'ont pas encore été acheminées sur place. 

L'information a pourtant de quoi préoccuper les responsables de la défense israélienne, alors que les livraisons russes à l'armée syrienne comporteraient des systèmes plus élaborés que ceux prévus initialement. Même si les batteries doivent être dans un premier temps servies par des soldats russes, elles seront ultérieurement confiées au contrôle de l'armée d'Assad.

Depuis l'incident du 17 septembre, quand un raid israélien contre une position iranienne dans le nord de la Syrie s'était soldé par la perte d'un appareil de reconnaissance russe, abattu par erreur par la défense aérienne syrienne, Moscou a suspendu ses communications militaires avec Israël, gelant du même coup les opérations de l'aviation de Tsahal en Syrie. 

Or, voilà que les responsables de la défense russe durcissent encore leur position. Ils exigent des forces israéliennes de recevoir très en amont notification de leur entrée dans l'espace aérien syrien, et non plus quelques minutes avant, comme c'était le cas jusqu'alors. Une condition inacceptable pour Tsahal, car elle mettrait en danger ses appareils et ses équipages, qui deviendraient des cibles pour la défense aérienne syrienne et toutes les milices locales disposant de missiles. 

Pour compliquer encore la situation, les troupes américaines déployées en Syrie craindraient elles aussi une reprise des raids de Tsahal. Selon des informations publiées par le Wall Street Journal, le Pentagone estime que l'Iran pourrait utiliser ses milices pour attaquer les soldats américains, en représailles à des frappes israéliennes. 

Et pourtant, le 29 octobre, une source proche du Premier ministre israélien révélait qu'en réalité, Tsahal n'avait jamais cessé d'opérer en Syrie. Ce qui confirme une déclaration sibylline du ministre de la Défense quelques jours plus tôt : « ce n'est pas parce que la presse n'en parle pas, qu'il ne se passe rien », avait déclaré Avigdor Lieberman. Quant à l'éventualité d'une rencontre entre Binyamin Netanyahou et Vladimir Poutine, la même source avançait la semaine du 11 novembre et du Forum de Paris sur la Paix où les deux dirigeants sont conviés, précisant toutefois que rien n'était encore finalisé. 

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