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16 Octobre 2018 | 7, Heshvan 5779 | Mise à jour le 15/10/2018 à 18h16

Rubrique Judaïsme

Parachat Noa’h : Le miroir de notre âme

(Credit : GUSTAVE DORÉ)

Sur quels principes doit se construire une relation humaine idéale ? A part les notions d’amour et de respect qui sont des fondements incontournables, comment devons- nous réagir quand le Mal est présent au sein de cette relation ? A cette question déterminante, nous trouverons une ébauche de réponse dans notre paracha.

Après l’épisode du déluge, notre paracha nous rapporte que Noa’h planta une vigne, en tira du vin, le but et s’enivra. Et comme tout homme ivre, il fut incapable de maîtriser sa conduite et se retrouva nu dans sa tente. ’Ham, l’un de ses trois fils le vit dans cet état et sortit le raconter à ses deux frères, Chem et Yafeth. Ces derniers prirent une couverture, marchèrent à reculons et couvrirent la nudité de leur père. Puis le  verset (1) rajoute « qu’ils avaient le visage tourné (et que de ce fait), ils ne virent pas la nudité de leur père ».


Comme un miroir


La fin de ce verset a suscité une question évidente : que nous apporte la précision « ils ne virent pas la nudité de leur père ». Si le visage des deux frères est tourné, il est clair qu’ils ne peuvent voir la nudité de leur père ! Il faut lire ici un apport moral déterminant. Non seulement, ils ne virent pas la nudité physique de leur père mais aussi la nudité morale (la faute), à l’inverse de leur frère (’Ham) qui ne vit que la déchéance de son père. Quand nous sommes témoins d’un écart de conduite d’un individu, notre réaction instinctive est de ne voir que le Mal commis et c’est en cela que le comportement de ’Ham est répréhensible. Mais à ce propos il est intéressant de rapporter le commentaire du Baal Chem Tov (2) qui explique que lorsque l’on voit le Mal chez notre prochain, c’est l’indice qu’il existe ce Mal aussi en nous, ou tout au moins une forme de ce Mal. Pourquoi en est-il ainsi ? C’est le roi Shlomo (Salomon) qui nous répond quand il écrit dans ses Proverbes que « l’amour couvre toutes les fautes » (3). Par orgueil ou par amour de soi, l’homme voile ses défauts ou ses failles pour ne mettre en avant que les aspects positifs de sa personnalité. Alors, pour lui rappeler qu’il n’est pas si parfait qu’il l’imagine, D.ieu lui montre d’une manière indirecte (au moyen de son prochain) le ou les défauts qu’il se cache.


La voie droite


Mais là, une distinction s’impose. Il y a des cas où l’homme qui commet le Mal devant nous n’est pas forcement un miroir de notre personnalité. Autrement dit, il est possible que le défaut de notre prochain ne soit pas en nous ! Et c’est ce que nous retrouvons chez les deux fils de Noa’h qui couvrirent leur père. Ils ne virent pas le Mal chez lui. Sa dépravation n’était en fait qu’une indication à réparer (couvrir la nudité). Quand notre prochain commet une faute devant nous, et que cette dérive  nous amène à se moquer de lui ou à le critiquer, c’est vraiment l’indice que le Mal que nous critiquons en lui, se trouve aussi chez nous. Mais si notre seul souci est de l’aider à corriger son défaut pour retrouver le droit chemin, sans nullement voir l’aspect critique de la faute, c’est la preuve que D.ieu ne nous a mis en présence de cet homme que pour l’aider à retrouver la voie droite. Et c’est bien sûr le comportement que chacun de nous doit adopter. A l’exemple des deux fils de Noa’h. 


Notes

(1) Béréchith, chap. 9, verset 23

(2) Le fondateur du ’Hassidisme

(3) Michlé, chap. 10, verset 12

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