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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Judaïsme

Parachat Lè’h lé’ha : Un voyage intérieur

La parachath Lè’h lé’ha est perçue par nos commentateurs comme le point de départ de l’identité juive. Elle n’est pas, à proprement parler, le fondement du judaïsme mais c’est plutôt une ébauche de ce qu’il sera plus tard. Toutefois, on y trouve certaines idées fondamentales, comme celle qui veut voir un lien entre le début et la fin d’un texte. On tentera de comprendre aujourd’hui, quel rapport peut-on lire entre le début et la fin de notre paracha.

Notre paracha débute avec l’ordre de D.ieu adressé à Avram (1) de quitter son pays et sa terre. La formulation de cet ordre intrigue les commentateurs. Lè’h lé’ha signifie littéralement « Va vers toi » (2) alors que plus simplement, D.ieu aurait pu dire « Lè’h », « Va » ! Que nous rajoute le « lé’ha » (vers toi) ? La réponse qu’ils proposent vient souligner une problématique psychologique que l’on retrouve encore aujourd’hui. Quand un homme veut changer de vie pour prendre un nouveau départ, il croit bien souvent que son devenir se trouve dans un « ailleurs physique et lointain ». Il partira en Inde, pensant y trouver les bases d’une conscience apaisée ou traversera les Etats-Unis pour que les grands espaces qu’il découvrira élargissent sa vision du monde. D’autres encore, quitteront femme et enfants pensant que la vie sera plus séduisante dans un autre paysage humain. Et c’est pour prévenir une telle dérive que D.ieu ordonne à Avram « Va vers toi ». Comme pour dire que la vérité n’est pas à l’extérieur de toi mais en toi ! 


Examiner ses actions


Pourquoi en est-il ainsi ? La cause de nos problèmes, expliquent les grands Maîtres du judaïsme, réside essentiellement dans un manque d’analyse en profondeur de notre personnalité. Lorsqu’un homme est confronté à une situation difficile, il a tendance à rejeter l’origine de son problème sur son entourage, l’autre ou encore le contexte social de sa vie. Il ira donc chercher en dehors de lui une solution à ses difficultés. Mais cette démarche est erronée parce que c’est lui-même qui est la cause de son problème ! Le Talmud le confirme quand il affirme que lorsque l’homme est confronté à une épreuve, il doit examiner ses actions pour trouver la cause de son épreuve. Comme on le sait, le hasard n’existe pas. Ce qui signifie entre autres, que si une difficulté affecte notre vie, c’est bien D.ieu qui l’a aménagée et adaptée en fonction de notre vie, de notre personnalité et de tout ce que nous devons réparer en nous. C’est donc au travers de nos failles personnelles que l’on devra chercher l’itinéraire du chemin à réparer.  


Une autre circoncision


C’est sur cette voie que s’engagea Avram quand D.ieu lui intima l’ordre de partir. Bien que le patriarche fût un homme de voyages constants pour sensibiliser ses contemporains au monothéisme, il fut un homme profond qui, tout au long de sa vie, s’éleva dans la sainteté. Et la fin de la paracha le prouve puisqu’elle s’achève sur la circoncision. Cette mitzva n’est pas qu’un acte physique. Il faut aussi la lire sur un registre spirituel : nous devons aussi circoncire notre cœur, c'est-à-dire lui ôter sa grossièreté, et tous ses élans qui conduisent à l’impulsivité, à la rancune ou à la rigueur. C’est ce voyage intérieur qui nous aidera à corriger nos mauvais comportements et donnera une solution à tous nos problèmes. 


Notes

(1)  Après la circoncision, son nom changera et deviendra Avraham

(2) Ou aussi « Va pour toi »

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