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11 Décembre 2018 | 3, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Judaïsme

Abraham : agir à l’image de D.ieu

Le commentaire de la Semaine par Rav Elie lemmel , Directeur de l’Association lev La Maison de la Famille et lamed.fr

Le texte nous rapporte que le troisième jour de sa circoncision, Abraham se tenait à la porte de sa tente quand D-ieu lui apparut. Soudain Abraham aperçoit au loin trois étrangers et déclare littéralement : « D-ieu, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, attends s’il te plaît un instant ». Genèse (18, 3). La grandeur d’Abraham, c’est d’avoir pu voir les autres à travers son expérience mystique ou religieuse. Si la proximité avec le Divin nous empêche de remarquer, au loin, ceux qui pourraient avoir besoin de nous, alors c’est que nous sommes sûrement dans l’erreur. Non seulement Abraham les voit, mais il révèle ici une nouvelle échelle de valeurs : être proche de D-ieu, c’est agir à son image. Or le principe même du Divin, c’est le ‘hessed, la générosité vis-à-vis de la totalité de l’univers. Abraham ne se préoccupe pas de savoir qui sont ses invités. Il ne fait pas rentrer chez lui que les membres du club ! Cette invitation est une véritable confrontation avec l’inconnu. Elle exige donc des efforts de découverte, d’adaptation, mais c’est cela, au fond, que nous devons entreprendre.
Abraham va s’occuper personnellement de ses invités, il les sert lui-même. Il ne se défait pas de sa responsabilité en demandant à d’autres de l’assumer à sa place. Il  leur révèle  l’importance qu’ils ont à travers un investissement personnel. Développant cette attitude exemplaire de notre patriarche, le Rabbénou Yona de Gérone, nous précise comment accueillir des invités : « Lorsque les invités arrivent à notre porte, il faut les faire entrer dans la maison avec un visage ouvert ». Arrêtons-nous un instant sur cette proposition. Nous nous doutons bien que quand les invités arrivent, nous allons les faire entrer chez nous. Plus encore, il existe un terme pour désigner cette pratique : « accueillir ses invités ». Or, le texte ne dit pas « accueillir », mais « faire entrer ». À travers cela, le texte met l’accent sur la nécessité de révéler à ceux qui arrivent, notre désir de les faire entrer dans le cadre que nous avons préparé pour eux. Arrêtons-nous sur un point. Nous avons aussi d’autres invités que nous connaissons fort bien, qui vivent régulièrement chez nous : nos enfants, notre conjoint ! Pourquoi ne pas décider que ces invités du quotidien ont droit au même accueil que ces invités qui ne font pas partie de la famille ?

Inviter nos proches à venir chez eux !
Il les fera entrer à la maison avec un visage ouvert… Sommes-nous aussi prêts à faire l’effort de témoigner à notre conjoint et à nos enfants de notre désir de les faire entrer dans un cadre que nous avons préparé pour eux ? Ce désir profond s’exprime par un mouvement à travers lequel l’autre comprend, même de manière imperceptible, que nous allons à sa rencontre afin de l’amener avec nous, vers le lieu que nous lui avons préparé. Il suffit parfois d’un mouvement du corps, d’un pas, ou d’une tête qui se tourne, pour faire passer ce message. Combien d’enfants rentrent chez eux le soir, entendent le bonsoir de leurs parents, mais ne perçoivent pas ce mouvement qui leur révèlerait l’importance qu’ils ont à leurs yeux. Ce visage agréable, pourquoi le réservons-nous souvent exclusivement à nos invités exceptionnels ? Nous devons être capables de le proposer aussi à nos invités du quotidien. Alors, si nous passions à la pratique ?

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