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16 Octobre 2018 | 7, Heshvan 5779 | Mise à jour le 15/10/2018 à 18h16

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Tourisme et sécurité

L'ITSS, première rencontre internationale au niveau professionnel sur le thème du tourisme et des menaces sécuritaires, s'est tenue cette semaine à Jérusalem.

L'initiative israélienne a suscité l'intérêt de participants venus du monde entier pour partager leurs expériences et aussi entendre l'expertise d'Israël. Il faut dire que le secteur du tourisme, qu'il soit international ou intérieur, est en progression constante et représente aujourd'hui 4,2% du PIB de la zone OCDE, comme l'a confirmé Alain Dupeyras, chef du département Développement régional et Tourisme de l'organisation internationale.  

L'impact économique des événements à caractère sécuritaire est donc devenu un enjeu concret, même s'il existe un abîme entre la perception subjective et la réalité. Rolf Freitag, le PDG de la société allemande IPK International, spécialisée dans l'étude des comportements des touristes et leur vision des risques inhérents aux voyages, a révélé que  37% des personnes interrogées considèrent le terrorisme comme un risque élevé dans leurs déplacements, alors qu'en 2016, les touristes ont été 0,000001% à être victimes d'attentats en Europe ! Dans le même ordre d'idées, la perception d'Israël comme une destination potentiellement dangereuse doit aussi être revue à la lumière de cette distorsion de la réalité.

Israël n'a pas attendu ces études pour constater l'impact du terrorisme sur son secteur touristique. Contrairement aux autres pays, la menace terroriste y est évoquée ouvertement et traitée à tous les niveaux. « Faire comme si cela n'existait pas n'est pas une solution », explique Yossi Fatael, président de l'organisation israélienne des agents de voyages, qui recommande d'intégrer ce facteur non seulement dans les considérations pratiques pour la sécurité des touristes, mais aussi comme opportunité économique. Il peut se révéler payant de vendre une destination comme équipée pour lutter contre le terrorisme, ose le tour-operator israélien. Les clients seront prêts à payer plus cher s'ils se savent mieux protégés. 

L'ancien porte-parole de Tsahal, le général Avi Benayahou, a quant à lui « remis les pendules à l'heure ». Celui qui a connu les contacts politiques et diplomatiques entre Etats, n'a pas hésité à rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, de nombreux leaders félicitaient en coulisses les dirigeants israéliens pour leur efficacité dans la lutte contre le terrorisme, avant de les dénoncer en public pour leur politique à l'égard des Palestiniens. Une attitude qui a commencé à évoluer, a-t-il concédé, depuis que de plus en plus de pays sont touchés à leur tour par le fléau du terrorisme et qu'il faut y trouver des réponses globales. 

Ce sont donc aussi des solutions concrètes que les visiteurs sont venus chercher à Jérusalem, comme celles de la société israélienne HSMT, qui propose une formation en ligne aux différents acteurs du secteur touristique pour leur apprendre à gérer les situations de crise et d'urgence. Elle a même développé une application d'aide aux voyageurs, SayVu, leur permettant d'être immédiatement en contact avec les différents services de secours.

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