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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Haley au revoir… et à bientôt ?

(DR)

Proche d’Israël, l’ambassadrice américaine à l’ONU a marqué les premières années de la diplomatie trumpienne.

« Un génie caché ». Le portrait dessiné par Nikki Haley de Jared Kushner, conseiller spécial de Donald Trump sur la question israélo-palestinienne, a valu à l’intéressée les rires moqueurs de la twittosphère. Le départ annoncé, mardi 9 octobre, de l’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unis, a en revanche peut-être moins plu au président américain. S’il a salué le « travail fantastique » de l’ancienne gouverneure de Caroline du Sud,  M. Trump perd là l’un des membres les plus emblématiques, et les plus efficaces, de son administration, promis à un avenir politique prometteur. 


Sa démission était-elle attendue ? 


Vraisemblablement, non. Donald Trump a certes évoqué, lors d’une rencontre avec les journalistes organisée dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche, que la diplomate l’avait prévenu de sa prochaine démission « il y a six mois ». Effective à la fin de l’année, cette décision traduit néanmoins la volonté de Nikki Haley de conserver la main sur son agenda personnel, se préservant ainsi d’une sortie en demi-teinte, toujours dans l’ordre du possible avec l’ombrageux chef d’Etat. Pendant deux ans, l’ambassadrice, 46 ans, a occupé une place inattendue au sein de la diplomatie trumpienne, profitant pendant un temps de la discrétion de Rex Tillerson au Département d’Etat et de l’isolement progressif du conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster. Leurs remplacements l’an dernier respectivement par Mike Pompeo, ancien chef de la CIA, et John Bolton, deux poids lourds, ont en retour réduit la surface d’action de Haley ces derniers mois. Celle-ci fut néanmoins considérable, aussi bien dans les dossiers nord-coréen et iranien que sur la réforme des institutions internationales, en harmonie avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Bénéficiant d’un accès direct à la Maison Blanche, Nikki Haley n’hésitait pas à en prendre parfois le contrepied, notamment sur le durcissement des sanctions à l’encontre de la Russie auquel elle était favorable. Suffisant pour voir le chef de file démocrate à la commission des affaires étrangères du Sénat, Bob Menendez, s’inquiéter de la « vacance de leadership » causée par son départ sur la politique étrangère américaine. 


Quel est son bilan au Moyen-Orient ?


Binyamin Netanyahou a salué la « lutte sans compromis contre l’hypocrisie » de celle qui fut l’une des meilleures alliées d’Israël au sein de l’administration Trump, dont elle est la personnalité la plus appréciée au sein de la communauté juive américaine. Installation de l’ambassade américaine à Jérusalem, sortie de l’accord sur le nucléaire iranien et du Conseil des droits de l’homme, fin du financement de l’Agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) : le bilan de Nikki Haley restera associé à la plupart des mouvements majeurs de la première moitié du mandat de Donald Trump. Son départ devrait renforcer la ligne unilatéraliste soutenue par le duo Pompeo-Bolton… et le président lui-même. 


Qui pour lui succéder ? 


La piste Ivanka Trump évoquée (« de la dynamite ») avant d’être écartée par le président lui-même, la candidate la plus probable pour rejoindre les Nations unies est Dina Powell, ancien conseillère adjointe à la sécurité nationale au début du mandat Trump. Désormais membre de Goldman Sachs, elle tiendrait la corde face à l’ambassadeur américain en Allemagne, le pro-israélien Richard Grenell, que Donald Trump souhaiterait garder à Berlin.   

Quant à Nikki Haley, d’aucuns l’imaginent colistière du chef d’Etat en 2020 – voire face à lui, hypothèse peu probable –, et plus sûrement comme l’avenir du Parti Républicain pour l’après-Trump. Pour l’éditorialiste vedette de la revue conservatrice The Weekly Standard, Bill Kristoll, l’histoire est écrite. « Macron a démissionné du gouvernement en 2016. Elu président un an après. Ca sera deux ans pour Nikki ».

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