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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Comment l’Iran pourrait échapper aux sanctions américaines

C’est un combat commun, mais parallèle, qu’engagent en ce moment l’Union européenne et la Russie pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 (JCPOA). Leur adversaire : Donald Trump.

Pari sur l’avenir

Soyez patients en attendant 2020 : c’est en substance le message diffusé ces jours-ci par les Européens à leurs interlocuteurs iraniens. Selon le New York Times, les négociateurs des membres de l’Union européenne signataires de l’accord (la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne) font miroiter à Téhéran la possibilité d’une défaite de Donald Trump aux prochaines élections présidentielles américaines, un échec qui permettrait de préserver l’accord signé à Vienne il y a trois ans. L’enjeu dès lors serait d’éviter pendant ce laps de temps une guerre des nerfs avec Washington ou Jérusalem qui pourrait déboucher, s’inquiètent les Européens, sur un affrontement militaire. 

Nonobstant cette hypothèse dont la probabilité laisse songeur, on s’active pour contourner le dispositif de sanctions actionné par la Maison Blanche. Une échéance approche en effet à grands pas. L’administration américaine a fixé au  4 novembre la date limite pour importer du pétrole iranien, sous peine de mesures de rétorsion. Et le 4 novembre, c’est déjà demain : les exportations iraniennes sont passées de 2,5 M de barils jour en avril à moins de 1,5 M pour la première quinzaine d’octobre, signe de l’anticipation sur les marchés du paysage à venir. Seuls l’Inde, la Turquie, la Chine, le Moyen-Orient et l’Italie, par des voies détournées, continuent de se fournir en brut auprès de fournisseurs iraniens.


L’heure du troc

C’est dans ce contexte d’affaiblissement accru de l’économie iranienne que la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a annoncé fin septembre la mise en place d’une bourse d’échange entre les compagnies européennes et iraniennes sur la base du pétrole. Par un mécanisme évitant de formuler les transactions en dollars pour échapper aux foudres du Trésor américain, l’Iran pourra ainsi vendre du pétrole à l’Italie qui s’acquitterait de son règlement via un autre pays Etat européen (l’Allemagne par exemple) qui aurait vendu à Téhéran du matériel non visé par les sanctions. 


Un plan russo-iranien

La Russie n’est pas en reste. Selon un document du ministère des Affaires étrangères israélien consulté par le programme télévisé Hadashot, Vladimir Poutine et son homologue iranien Hassan Rohani se seraient mis d’accord, lors d’un sommet tripartite à Téhéran, le 7 septembre, sur la livraison de pétrole iranien via la mer Caspienne vers les raffineries russes. C’est de là que l’or noir serait ensuite réexpédié vers le monde entier. Un tel scénario permettrait à Téhéran de circonscrire les effets de la politique américaine. Et à Moscou de confirmer son intention de s’installer durablement comme un acteur incontournable dans la région. 

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