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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Le jeu change en Syrie

Depuis l'incident aérien du 17 septembre, l'aviation de Tsahal n'a plus effectué de frappe en Syrie. Alors que le conflit civil touche à sa fin, la Russie veut en profiter pour imposer de nouvelles règles à Israël, mais aussi à l'Iran.

Deux informations publiées ces derniers jours ont de quoi préoccuper Israël. D'abord l'annonce par le journal russe Izvestia  de la livraison supplémentaire par la Russie à l'armée d'Assad de batteries de défense aérienne S-300 d'un modèle amélioré dans l'identification des cibles. La seconde, révélée par la chaine américaine Fox, évoque la fourniture par l'Iran au Hezbollah de GPS pour ses missiles stockés au Liban. 

Non seulement la crise entre Moscou et Jérusalem n'est toujours pas résolue, mais ces nouveaux développements tactiques viennent encore compliquer la situation. Binyamin Netanyahou avait pourtant voulu se montrer optimiste en annonçant début octobre une rencontre prochaine avec Vladimir Poutine, qui scellerait la fin de la discorde. Mais rien n'est encore venu confirmer cette éventualité. Au contraire, les Russes semblent toujours plus exigeants sur les conditions d'une reprise de la coordination tactique avec Tsahal, indiquant qu'Israël devrait revoir très sérieusement à la baisse sa liberté de manœuvre dans le ciel de Syrie. 

En attendant que les servants de l'armée syrienne soient en mesure de faire fonctionner eux-mêmes les nouvelles batteries de défense S-300, elles seront confiées à des militaires russes. Ce qui veut dire que même si la chasse israélienne parvient à esquiver ses tirs, elle ne pourra pas les détruire sans risquer de tuer des soldats russes. Un scénario qu'Israël voudra à tout prix éviter pour ne pas se retrouver dans une confrontation directe avec la Russie.


Ne pas se retrouver dans une confrontation directe avec la Russie


Parallèlement, le chef du Kremlin continue d'exploiter la perte de son avion, abattu par un tir syrien, pour limiter aussi la liberté d'action de l'Iran en Syrie, escomptant ainsi réduire les risques de frictions entre l'Iran et Israël sur le territoire syrien. Depuis un mois, les services de renseignements israéliens et occidentaux ont constaté un net ralentissement des livraisons d'armes iraniennes en Syrie. Téhéran n'a pas cessé pour autant de fournir le Hezbollah. Il a simplement modifié la destination de ses expéditions, qui arrivent désormais directement à Beyrouth, dans les soutes de ses avions civils. Jusqu'à présent, Israël s'est contenté de dénoncer sur la scène diplomatique les agissements du Hezbollah et de l'Iran, mais sans entreprendre de nouvelles actions sur le terrain. 

En réactivant depuis le 15 octobre son poste frontière de Quneitra sur le Plateau du Golan, permettant le retour des Casques bleus de l'Onu dans la zone tampon, Israël a aussi entériné le retour de l'armée d'Assad sur sa frontière. La configuration stratégique sur le front nord est bien entrée dans une nouvelle phase. Jérusalem n'a plus d'autre choix que de s'y adapter en trouvant le moyen de freiner l'Iran, tout en ménageant la Russie. Une partie d'autant plus difficile à jouer que ce n'est pas Israël qui en fixe les règles. 

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