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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Bolsonaro, vers une présidence autoritaire et pro-israélienne

(Wikipedia)

Le nouveau président du Brésil pourrait engager rapidement plusieurs virages sur le plan intérieur comme sur la scène internationale.

« Trump des Tropiques », « Donald do Brasil » : la filiation idéologique entre Donald Trump et le nouveau président du Brésil, élu dimanche 28 octobre, n’est pas seulement soulignée par les observateurs. Elle est ostensiblement revendiquée par Jair Bolsonaro. « Trump veut rendre sa grandeur aux Etats-Unis et moi aussi je veux un grand Brésil », assurait le candidat d’extrême droite au cours de sa campagne victorieuse. Le score est sans appel : le militaire de réserve a recueilli 55,1% des suffrages exprimés, contre 44,9% pour son adversaire du Parti des travailleurs (PT), Fernando Haddad. Le premier tour apposait déjà les bases du triomphe de M. Bolsonaro, celui-ci devançant son principal adversaire de près de 17 points (46,03% contre 29,28%

Le dirigeant populiste a bâti son succès sur son image d’homme fort et intègre, capable de relancer un pays miné par la corruption et l’insécurité des années PT des présidents Lula et Dilma Rousseff. A cet égard, le soutien de toutes les catégories sociales,  à l’exception des plus pauvres,  en faveur de l’extrême droite, partisane des privatisations, témoigne de l’ancrage du sentiment de crise au sein de la population.   

Après une campagne marquée par la brutalisation du discours public, la propagation inédite d’ « infox » sur la messagerie instantanée WhatsApp, et le soutien massif de footballeurs au candidat du PSL (notamment les anciens Parisiens Ronaldinho et Lucas), le risque d’un virage autoritaire du Brésil, trente-trois ans après la fin de la dictature militaire, n’est pas mineur. 



Il a promis la fermeture de l’ambassade palestinienne à Brasilia

Les éléments allant dans le sens d’un alignement sur Washington s’accumulent également. Même réserve sur l’accord sur le climat de Paris, déjà abandonné par l’administration républicaine, convergences sur le Venezuela et le conflit israélo-palestinien, les contours d’un axe Trump-Bolsonaro se dessinent en puissance. 

Sur ce dernier dossier, le nouvel homme fort brésilien a envoyé des signaux forts en direction de l’Etat hébreu. Le déplacement de l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem figure dans le programme diplomatique du leader de 63 ans qui a également promis la fermeture de l’ambassade palestinienne à Brasilia. Un symbole de la volonté de rupture de Jair Bolsonaro avec la ligne pro-palestinienne de Lula, à l’origine de la reconnaissance d’un Etat de Palestine en 2010. Le héraut du PT, suivi par sa successeuse, avait également renforcé les relations bilatérales avec l’Iran, portant cette même année une initiative sur le nucléaire iranien avec la Turquie. 

Le rapprochement avec Jérusalem annoncé par Jair Bolsonaro explique aussi sa popularité au sein de la communauté juive locale, même si des disparités y sont repérables, à l’image de la polarisation causée par la marche vers le pouvoir du champion du PSL. Désormais à la tête d’un pays de 209 millions d’habitants, le « Mythe », son surnom parmi ses partisans, devrait entamer sa première tournée diplomatique par des déplacements au Chili, aux Etats-Unis… et en Israël.

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