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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Les « Midterm elections » et le vote juif

(DR)

La communauté juive américaine, déjà divisée sur la personnalité de Donald Trump, sera-t-elle impactée par la tuerie de la synagogue de Pittsburgh quand elle se rendra aux urnes pour les élections de mi-mandat ?

Le 6 novembre, les électeurs américains devront renouveler la Chambre des Représentants, un tiers du Sénat et une trentaine de gouverneurs et d'assemblées locales. L'échéance est toujours déterminante pour les chances de réélection du président en place et la poursuite de sa politique pour la seconde moitié de son mandat. S'il est vrai qu'il y a toujours un temps de latence entre un événement et sa traduction politique, la violence du choc pourrait influer sur le vote, en dépit du bref délai de dix jours qui sépare la date du drame de celle du scrutin. C'est d'ailleurs seulement à Pittsburgh et dans une localité de Floride à forte population juive, que des candidats démocrates ont préféré annuler leur meeting électoral, à la suite de l'attentat.

Les premières réactions confuses du président américain à l'annonce de l'attaque n'auront rien fait pour apaiser ceux qui lui étaient déjà opposés, mais auront aussi suscité un certain malaise chez ses partisans dans la communauté. Visiblement concentré sur sa campagne, Donald Trump aura mis un certain temps pour évaluer l'ampleur de la tragédie, avant d'être recadré par son entourage. Le président républicain a d'abord déploré l'absence de gardes armés devant la synagogue. Arrivé plus tard à un meeting électoral, il a évoqué sa déclaration pour insister sur le fait que les journalistes l'avaient interpellé sous une pluie battante, qui avait détruit son brushing. Inconscience ou mauvais goût, ses remarques n'ont rien fait pour présenter une image de chef d'Etat responsable et fédérateur.


Donald Trump aura mis un certains temps pour évaluer l’ampleur de la tragédie

Au-delà de l'anecdote, l'atmosphère délétère qui marque cette campagne électorale pourrait encore aggraver les clivages. C'est seulement la veille de l'attentat de Pittsburgh que le FBI a arrêté le militant d'extrême-droite qui avait expédié des colis piégés à des personnalités du parti Démocrate, dont deux anciens présidents des Etats-Unis. Mais avant même ces deux épisodes, un sondage réalisé le 17 octobre pour le Jewish Electorate Institute – lié il est vrai au parti Démocrate - constatait que 74% des électeurs juifs soutenaient les Démocrates contre 26% pour les Républicains. Ils étaient également 25% à se dire satisfaits de Donald Trump, quand la cote de satisfaction nationale du président est de 42%. Si les électeurs juifs américains sont plus indulgents pour la politique israélienne du président Trump – ils sont 51% à l'approuver – ce n'est pas le critère prioritaire qui définit leur vote, plutôt déterminé par les questions intérieures, telles que le système de santé ou encore la Cour Suprême. 

Jusqu'à présent, la sécurité n'avait donc pas été une question majeure pour la communauté juive américaine. Pas plus que le débat sur la liberté d'expression ou les tensions identitaires, récemment réactivées sur fond d'afflux de réfugiés d'Amérique latine. Tout cela relevait plutôt du clivage traditionnel faisant pencher le vote juif vers le parti Démocrate. La tuerie de Pittsburgh pourrait seulement confirmer la tendance.

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