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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique Culture/Télé

Ismaël et Isaac, la possibilité de la paix

Dans chacun de ses essais, le psychanalyste Gérard Haddad confronte des concepts psychanalytiques avec des passages de la Bible.

C’est le passage du livre Béréchit qui raconte le meurtre d’Abel par Caïn qui avait retenu son attention. En effet, Freud pose à l’origine de l’humanité le parricide. Pour la Torah, c’est le fratricide qui occupe cette origine, les enfants de Caïn ayant inventé la civilisation urbaine, la musique...

Gérard Haddad opte pour la position de la Torah, qui nous propose un autre type de relation. Celui de deux autres frères, Isaac et Ismaël, lesquels ont vécu en bonne entente dans l’oasis de « La source du Vivant qui me voit » et ont enterré ensemble leur père. Le mérite principal en revient à Isaac qui alla chercher sa belle-mère Agar devenue Kétoura qu’Abraham épousera en secondes noces et lui fera 6 enfants.

A partir de ce modèle, G. Haddad pose les bases d’un dialogue apaisé entre juifs et musulmans. Il critique l’expression civilisation judéo-chrétienne, alors que pendant des millénaires le christianisme a cherché à exterminer et à expulser les juifs de France, d’Espagne, d’Angleterre. Il propose donc une nouvelle définition de notre civilisation comme gréco-abrahamique dont les deux piliers sont le monothéisme abrahamique et la philosophie grecque. L’islam, contrairement aux civilisations asiatiques, appartient à cette civilisation.

Malgré certains passages qui peuvent déplaire  ce livre est à lire absolument. Comme l’a dit le rabbin Marc- Alain Ouaknin  « Un livre de santé publique, théologique et politique, qui donne à penser et à espérer.

Des réflexions claires, sages et généreuses. » 

Gérard Haddad, « Ismaël et Isaac », Premier Parallèle, 148 pages, 14 euros

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