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21 Novembre 2018 | 13, Kislev 5779 | Mise à jour le 19/11/2018 à 15h42

Rubrique France/Politique

Les juifs dans la grande guerre

Photo prise juste après la signature de l'armistice avec au premier plan le maréchal Foch, encadré par les amiraux britanniques Hope et Rosslyn Wemyss. (Wikipedia)

Tous les clochers français retentissent. La guerre est enfin terminée. Quelques heures auparavant, dans la clairière de Rethondes (en forêt de Compiègne), dans un wagon, le maréchal Foch a pu entériner la victoire des Alliés et la défaite des Allemands.

100 ans après, la France commémore la fin de la Première guerre mondiale. En effet, dès le 4 novembre dernier, à Strasbourg, Emmanuel Macron a officiellement lancé une semaine de commémoration de l’armistice qui doit aboutir, le 11 novembre prochain, à la traditionnelle cérémonie sur la tombe du soldat inconnu, à Paris, sous l'Arc de Triomphe, en présence de grands dirigeants (comme Donald Trump et Vladimir Poutine). Cette « guerre totale » a considérablement marquée l’Histoire tant par sa violence que par ses conséquences. La guerre de 14-18 a atteint une horreur encore inconnue jusque-là : ce sont près de 20 millions de morts (quasiment autant de militaires que de civils) et autant de blessés qui sont provoqués par les violents combats de conflit. Mais il est aussi possible de considérer que la Seconde Guerre mondiale est une conséquence de la première : le « diktat » du Traité de Versailles (1919) alimente la volonté de revanche de l’Allemagne… La participation des Juifs à la Première Guerre mondiale est massive.


Attachement à la République

Tant du côté allemand que du côté français, c’est l’occasion pour les citoyens juifs d’affirmer leur loyauté patriotique en défendant activement leur nation. Il y a aussi la volonté de montrer que les stéréotypes antisémites (comme la supposée « double loyauté » des Juifs) n’ont pas de fondement. En France, cette guerre est longtemps considérée comme l’apothéose de l’émancipation des Juifs. Pour montrer leur attachement à la République, ils sont prêts à payer le prix du sang. Et ils paieront en effet le prix du sang. Un épisode bien particulier de la guerre de 14 devient d’ailleurs le symbole du patriotisme des Juifs français : il s’agit de la mort au champ d’honneur, le 29 août 1914, du rabbin Abraham Bloch. Alors aumônier et brancardier sur le front des Vosges, le Grand-Rabbin de Lyon décède sous une pluie de tirs allemands après avoir rapporté un crucifix à un soldat français catholique. A l’issue de la guerre, l’ensemble de la communauté juive se saisit de cet événement pour représenter la fidélité républicaine des Juifs français… cela ne suffira pas à faire reculer durablement l’antisémitisme.

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