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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Israël

Les raisons de l’Alyah

Les candidats à l’Alyah au cours d’un des salons. (DR)

Après des journées portes ouvertes à Lyon le 19 novembre, l’Agence juive organise des salons de l’Alyah à Paris (25 novembre, de 11 h à 18 h au Chalet de la Porte jaune) et à Marseille (26 novembre, de 16 h à 20h à l’Hôtel Golden Tulip). Tour d’horizon avec Daniel Benhaïm, directeur général de l’Agence juive.

Après des journées portes ouvertes à Lyon le 19 novembre, l’Agence juive organise des salons de l’Alyah à Paris (25 novembre, de 11 h à 18 h au Chalet de la Porte jaune) et à Marseille (26 novembre, de 16 h à 20h à l’Hôtel Golden Tulip). De nombreux représentants d’Israël y viennent rencontrer les Juifs de France qui souhaitent se renseigner sur les modalités de l’Alyah. En dépit d’une baisse progressive du nombre d’Olim français ces toutes dernières années, il semblerait que l’idée de partir s’installer en Israël reste très présente au sein de la communauté juive française : « Cela trotte dans la tête de nombreux Juifs de France, même si la réalisation peut s’avérer difficile » nous confirme Daniel Benhaïm. Et les chiffres eux-mêmes doivent être relativisés : il y aura vraisemblablement 2700 départs en 2018, ce qui est moins que l’année précédente ; mais cette tendance doit être mise en perspective avec celle qui existait avant les tragiques attentats de Toulouse en 2012 car il n’y avait alors « que »  1600 départs en moyenne chaque année. Les chiffres actuels restent donc 30 % supérieurs à ceux du début des années 2010. En fait, ce sont les chiffres de 2014 à 2016 qui étaient « exceptionnels » (près de 20000 départs) : « On sait que les crises – comme la suite d’attentats terroristes – accélèrent les départs mais les chiffres de cette période sont tout à fait inédits pour un pays qui permet de pratiquer sa religion librement » explique Daniel Benhaïm. La montée récente de l’antisémitisme peut-elle être considérée comme une crise ? « Pour l’instant, il n’y a pas de réelle répercussion mais c’est à la fois un peu tôt pour le déterminer et il faut prendre en compte que le choix de l’Alyah répond davantage à un ensemble de facteurs plutôt qu’à un événement spécifique » répond Daniel Benhaïm. Il est certain que l’insécurité vécue ou ressentie par les Juifs de France, liée aux attentats islamistes ou l’accroissement des actes antisémites, joue un rôle important dans le projet de départ vers Israël mais Daniel Benhaïm nous apprend qu’il existe une autre motivation importante : « La volonté d’intensifier le processus de laïcisation de la société française, pour favoriser l’intégration des différentes religions en France, n’est pas toujours bien vécu par la communauté juive française. Certains de ses membres se demandent si les Juifs n’ont pas un ‘‘prix à payer’’ dans le cadre de cette mutation sociale et peuvent se décider à partir en Israël pour vivre plus sereinement, et même plus ‘‘librement’’, leur judaïsme. » Au-delà des raisons des départs, qu’en est-il des retours ? Les Juifs de France installés en Israël sont-ils nombreux à revenir sur leur territoire d’origine ? « Sur la période 1990-2014, l’institut national des statistiques israélien nous apprend que 9 % des Français ne vivaient plus en Israël après avoir fait leur Alyah. Et j’ai le sentiment que ce pourcentage aura tendance à baisser dans les prochaines années » indique Daniel Benhaïm qui insiste pour préciser que « ces chiffres n’enlèvent rien au fait que le processus d’intégration en Israël est un processus complexe, voire douloureux – puisqu’il s’agit de se déraciner puis de s’enraciner. Mais la motivation idéologique des Juifs de France fait qu’ils ont tendance à rester en Israël. » Les salons de l’Alyah vous attendent pour répondre à toutes vos questions. 

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