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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Israël

Avant l'alyah, lire la notice de montage

Dans l’attente de leurs papiers à l’aéroport Ben Gourion, les nouveaux Olim patientent. (Flash90.)

Les nouveaux immigrants ne connaissent pas toujours les formules d'aide à l'intégration auxquelles ils ont droit. Or, la préparation en amont du départ vers Israël reste l'une des clés de sa réussite.

Aujourd'hui, beaucoup d'informations sont disponibles en français sur les sites Internet de l'Agence Juive, des ministères et des municipalités, pour les cours d'hébreu, la formation professionnelle ou la couverture sociale. Il suffit aussi simplement de poser des questions à son coordinateur d'alyah dans sa future ville de résidence. Les principales mairies ayant une population originaire de France sont dotées de ce service, accessible par Internet.

Logement, emploi, école : quand on demande aux olim de France quels sont pour eux les principaux défis de leur intégration, ce sont ces trois facteurs qu'ils citent le plus souvent. Après le chiffre record de 6 600 olim en 2015, l'alyah de France, bien qu'en 3e place derrière la Russie et l'Ukraine, est en recul régulier de 25% par an depuis 3 ans. Un ralentissement lié surtout aux craintes socio-économiques, malgré les efforts des institutions. 

Si le ministère de l'Alyah et de l'Intégration octroie une aide au logement pour les nouveaux arrivants, elle ne dépasse généralement pas une durée d'un an. Quant au logement public – l'équivalent des HLM – il n'est accordé qu'à des conditions très restrictives. Nul doute qu'un accès généralisé à un marché locatif subventionné, ne serait-ce que pour un ou deux ans, constituerait un argument de poids pour les familles qui n'ont pas de logement en Israël. « Mais cette idée n'a toujours pas fait son chemin chez les responsables politiques, qui gardent encore une idée faussée de l'alyah de France », reconnaît un ancien immigrant de France, engagé dans le lobbying pour les olim francophones. 

L'intégration des enfants est également un enjeu capital. Or, beaucoup de parents nouveaux immigrants sont décontenancés par l'approche éducative israélienne, qui donne une grande part à l'éducation informelle, c'est-à-dire toutes les activités qui en France, ne sont pas considérées comme relevant du cursus scolaire. « Les parents olim ont aussi du mal à s'impliquer dans un rapport direct avec les enseignants, alors que c'est la norme en Israël. Les parents et les enfants doivent communiquer avec leurs professeurs, qui de leur côté sollicitent les parents. C'est ce 'triangle' qui doit assurer l'intégration de l'élève et surtout permettre de lui éviter le décrochage scolaire », insiste Patricia Hababou, responsable de l'encouragement à l'alyah de France au ministère de l'Intégration. Trop souvent, la crainte des parents de percevoir leur installation en Israël comme un déclassement social rejaillit aussi sur les enfants, qui voient leur modèle familial compromis, s'ils ne sentent pas autour d'eux une structure en mesure de les aider. 

Pour pallier ces défaillances, le travail associatif est considérable. Des organisations comme Qualita, le CNEF ou encore Gvahim font régulièrement progresser la reconnaissance des diplômes français par les autorités israéliennes. Elles s'organisent également avec d'autres associations pour encadrer les olim dans leurs difficultés au quotidien, mais recommandent aussi à ceux qui le peuvent, de mettre de l'argent de côté avant de partir. L'équivalent d'épargne pour assurer la première année d'installation donne généralement le temps nécessaire pour tenir avant de se stabiliser. 

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