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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Judaïsme

Parachat Toldoth : Un nouveau visage

(Flash90.)

Sur les premiers mots de la parachath Toldoth, Rachi, s’inspirant du Talmud (1), nous explique que D.ieu fut contraint de changer les traits du visage de Its’hak afin de le faire ressembler à son père Avraham. Les moqueurs de l’époque affirmaient, en effet, qu’Its’hak n’était pas le fils de d’Avraham mais d’Avimélè’h chez qui Sarah avait été retenue en captivité. Mais les commentateurs s’étonnent de cette « contrainte divine » : quel besoin D.ieu avait-Il de changer la physionomie de Its’hak quand un fils ressemble naturellement à son père ?

D’une manière générale, la ressemblance du fils au père n’est pas que physique. Si les traits du visage du fils ressemblent à ceux du père, c’est aussi parce que la nature et les traits de caractère du père et du fils ont aussi des points communs. Mais ici, ce n’était pas le cas. Il est rapporté dans de nombreux textes qu’Avraham et son fils Its’hak avaient deux voies diamétralement opposées pour s’attacher à D.ieu. Avraham était un homme qui se distinguait par sa générosité envers autrui. Chez lui, c’était le don et l’ouverture qui prédominaient. C’est d’ailleurs pourquoi, il voyageait beaucoup. Ces déplacements avaient pour but de diffuser la divinité pour illuminer l’obscurité du monde. 


En terre d’Israël  

Its’hak, en revanche, fonctionnait et vivait sur un mode spirituel différent. A l’opposé de son père, il ne quitta jamais la terre d’Israël. Il était animé par un profond sentiment de crainte de D.ieu. Non qu’il n’avait pas d’amour, mais le sentiment qui l’animait d’une manière prépondérante était la crainte. Alors que l’amour se traduit par un mouvement en avant, pour aider l’autre ou aller vers l’autre, la crainte est un repli sur soi devant la grandeur du Créateur. C’est ce qui explique le fait qu’Its’hak ne quitta jamais la terre d’Israël, tout occupé à faire un travail intérieur sur sa propre personne.


La voie du père 

Tout s’explique à présent. Chez chacun des deux patriarches, l’ensemble de leur personnalité était unité. Aucune différence n’existait entre l’aspect extérieur (le visage) et la dimension profonde de l’être. De ce fait, le concept d’amour qui animait Avraham se reflétait aussi sur son visage qui était différent de celui de son fils puisque ce dernier était animé par la crainte de D.ieu. On peut comprendre dès lors, « la contrainte divine ». D.ieu dut changer le visage de Its’hak pour le faire ressembler à celui de son père parce que les deux étaient réellement différents. Que nous enseigne cette ressemblance, demandent nos Maîtres ? C’est dans le domaine de l’éducation que l’on peut trouver un enseignement. Aucune différence ne doit exister entre un homme et son fils. En regardant un enfant juif, chacune doit voir qu’il est le fils de son père, que la continuité spirituelle a été assurée, que le père a tout fait pour que son fils aille dans la voie qu’il a tracée. 

Note : (1) Traité Baba Metsia, p.87a

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