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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Judaïsme

Parachat Vayéchev : Le refus du compromis

Quand une paracha précède une fête du calendrier juif, il faut la lire aussi, comme une préparation à cette fête. Rien n’étant l’effet du hasard, et encore moins l’agencement des textes de la sagesse divine, nous devons y chercher des repères pour mieux comprendre cette fête et la vivre d’une manière plus authentique. L’un des versets de notre paracha nous indique la voie à suivre pour cela.

La vente de Yossef par ses frères est l’un des événements les plus dramatiques de la Thora. Mais avant qu’elle ne se produise, les frères jetèrent Yossef dans un puits. Et le verset (1) qui nous décrit cette scène se termine sur une précision étonnante : « … Le puits était vide, il n’y avait pas d’eau ». Rachi remarque l’anomalie et la résout en rapportant le commentaire du Midrash et du Talmud : si le puits était vide, il est évident qu’il ne contenait pas d’eau, écrit-il ! Mais ici, la redondance n’est pas inutile. Si le verset précise le manque d’eau c’est pour nous dire qu’il n’y avait pas d’eau mais qu’il y avait autre chose : des serpents et des scorpions !


A l’exemple du Chéma Israël 


Ce commentaire est étonnant, s’interrogent nos Maîtres. Pourquoi le verset ne précise t-il pas directement qu’il y avait de serpents et de scorpions ? Le Midrash propose une réponse essentielle : le fait qu’il n’y avait pas d’eau signifie qu’il n’y avait pas de paroles de Thora comparée à  l’eau et de ce fait, le verset n’a pas besoin d’écrire qu’il y avait des serpents et des scorpions. Pourquoi ? Parce que quand la Thora est absente d’une éducation, d’un couple ou d’une relation amicale, les serpents et les scorpions s’installent, les forces du Mal prennent place. Dans le judaïsme, il n’existe pas de no man’s land, de territoire spirituel neutre qui n’est ni Bien, ni Mal : dès que l’on quitte la sainteté, on s’installe dans le domaine opposé à la sainteté. Et l’on retrouve cette idée dans un verset du Chéma Israël (2) : « Prenez garde à vous, de peur que votre cœur soit séduit, que vous ne vous détourniez, que vous ne serviez d’autres dieux… ». Sur ces mots le Baal Chem Tov remarque que le verbe «  se détourner » et le verbe « servir » (des idoles) sont placés l’un à côté de l’autre. Pour nous rappeler que si l’on s’écarte de D.ieu, on tombe immédiatement, sans transition, dans le domaine de l’idolâtrie.


Pour le Roi des rois


C’est l’un des premiers enseignements de la fête de ’Hanoucca. La Thora est le poumon de notre existence sans laquelle toute vie est impossible. Les Grecs n’étaient pas des antisémites virulents et stupides. Ils reconnaissaient la valeur exceptionnelle de la Thora et ne s’y opposaient pas. Ils voulaient seulement la diluer dans la sagesse grecque dont ils voulaient faire accepter son caractère rationnel grandiose aux Juifs. Ce compromis était inacceptable pour la Tradition car les Maîtres de l’époque savaient que tôt ou tard, l’esprit authentique de la Thora disparaîtrait chez les générations futures. C’est ce qui explique que le combat des hommes de ’Hanoucca fut aussi un combat physique car quand la vie spirituelle est menacée, il faut tout faire pour rester attaché au Roi des rois. 


Notes

(1) Béréchith, chap. 37,verset 24

(2) Dévarim, chap. 11, verset 15

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