Default profile photo

16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Gaza : dans l'expectative

Mahmoud Abbas et Abdel Fatah al-Sisi le 3 novembre 2018 (Press photo)

Les Egyptiens sont-ils proches d'un nouvel accord de trêve entre Israël et le Hamas ? Les signes d'accalmie sur le terrain confirment que la médiation progresse. Mais la situation peut encore basculer.

Cela faisait dix mois que le chef de l'Autorité Palestinienne et le président égyptien ne s'étaient plus entretenus face à face. La rencontre qui a eu lieu le 4 novembre à Sharm el Sheikh apparaissait donc comme une étape dans la médiation que mène l'Egypte entre Ramallah, Gaza et Israël pour trouver une issue à la crise. Depuis que le Hamas s'est engagé dans l'escalade, toutes les tentatives de ramener le calme ont buté sur le refus de l'Autorité Palestinienne de faire la moindre concession qui reviendrait à renforcer la position politique du Hamas, qui lui a ravi le pouvoir dans le territoire côtier en 2007. 

Pour la première fois pourtant, l'Egypte semble être en mesure d'inverser la dynamique. Après plus de sept mois d'émeutes, le dernier vendredi sur la barrière de sécurité a été le plus calme depuis le mois de mars. Les médiateurs égyptiens ont réussi à convaincre le mouvement islamiste de contenir la violence. S'il est encore trop tôt pour dire si la tendance peut se confirmer, c'est en tout cas un signe que les choses bougent. D'ailleurs, des représentants égyptiens étaient présents des deux côtés de la frontière, avec l'accord d'Israël et du Hamas pour constater la désescalade. 

Le Qatar reste également mobilisé pour assurer le volet financier du dispositif. Le fioul israélien, payé sur les deniers qataris, continue d'alimenter la centrale électrique de Gaza. Les salaires des fonctionnaires civils du mouvement islamiste devraient également être pris en charge par l'émirat, en attendant que l'Autorité Palestinienne reprenne ses versements vers le territoire côtier pour un montant annuel de 96 millions de dollars. Le Hamas a aussi intérêt à jouer la carte de la modération s'il ne veut pas se laisser déborder par le Jihad islamique, qui a déjà prouvé qu'il peut brouiller le jeu à tout instant, comme il l'avait fait une semaine plus tôt en tirant des roquettes contre l'ouest du Néguev.

Les médias arabes ont commencé à publier ce que pourrait être le prochain accord de trêve élaboré par l'Egypte sur la base d'une cessation des hostilités pour une durée de trois ans. Le Hamas s'engagerait à réduire la violence sur la frontière avec Israël jusqu'à la fin de l'année. En échange, Israël accepterait de nouveaux allègements du bouclage du territoire palestinien. L'Autorité Palestinienne de son côté permettrait la poursuite du financement qatari. Et la poursuite de l'accalmie conduirait ensuite l'ONU à relancer des projets d'infrastructure dans la Bande de Gaza. Rien de nouveau par rapport aux conditions fixées à l'issue de l'opération Bordure Protectrice de l'été 2014 et qui pour la plupart n'ont pas été suivies d'effet.

En Israël, on n'a pas fait de commentaire, sauf pour démentir l'entrée de 5 000 ouvriers de Gaza sur son territoire. Les familles des deux soldats, dont le Hamas refuse toujours la restitution des dépouilles, se sont émues que le sort de leurs fils ne soit pas traité en priorité. Quant aux Israéliens du pourtour de Gaza, ils redoutent de rester les otages des organisations palestiniennes.

Powered by Edreams Factory