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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Brexit : ça coince à la sortie

Theresa May (DR)

La Première ministre britannique joue cette semaine une partie déterminante pour l'avenir de son gouvernement et de son pays. En attendant que l'UE approuve le projet d'accord de retrait, censé prendre effet le 29 mars prochain, les parlementaires britanniques préparent une guerre de tranchées contre Theresa May.

Qu'ils soient pro-européens ou insulaires, les Britanniques sont toujours aussi difficiles à déchiffrer pour l'Européen continental. Aucun parti n'affiche de ligne unifiée sur le principe du Brexit, les conditions du retrait du Royaume-Uni, ou l'éventualité d'un nouveau référendum. Les motivations des ministres démissionnaires, celles des élus conservateurs qui cherchent à déboulonner leur dirigeante, ou des travaillistes qui pourraient venir à son secours sont à peu près aussi impossibles à décoder qu'une machine Enigma sans Alan Turing.

Theresa May est parvenue – mais à quel prix - à présenter son projet d'accord de retrait de l'UE, qui sera soumis le 25 novembre à l'approbation du Conseil européen, réuni en sommet extraordinaire. Cela lui a coûté la démission de son deuxième ministre chargé du Brexit, mais aussi celle de trois autres membres de son gouvernement, qui ont claqué la porte le 15 novembre dernier. Au sein du parti de la Première ministre, la fronde s'organise. Les Tories, partisans d'un Brexit dur, veulent notamment le rétablissement d'une frontière physique entre les deux Irlande, ce que le projet d'accord négocié par Theresa May avec l'UE, permet justement d'éviter. Ils sont donc prêts à déclencher le feu atomique, en organisant un vote de défiance contre la pensionnaire de Downing Street, quitte à entraîner des élections législatives anticipées. 

Et ce n'est qu'un des fronts sur lesquels doit se battre la Première Britannique. Si les Européens valident en l'état les conditions de l'accord de retrait du Royaume Uni de l'UE, il lui faudra encore faire ratifier le texte par la Chambre des Communes. Là aussi, la partie est loin d'être gagnée. Non seulement les Conservateurs n'avanceront pas en rangs serrés – certains ont déjà averti qu'ils souhaitaient utiliser leur liberté de vote – mais ils n'ont de toute façon pas la majorité absolue pour faire passer le texte. La Première ministre aura donc besoin des voix du parti irlandais DUP, mais aussi d'élus de l'opposition. Le leader Travailliste Jeremy Corbyn quant à lui, louvoie entre soutien au Brexit, renégociation de l'accord et n'exclut pas l'option ultérieure d'un second référendum. 


La partie est loin d’être gagnée


Les Européens de leur côté espèrent qu'il sera possible d'éviter un chaos politique chez leur voisin britannique. Car l'approbation de l'accord de retrait n'est que la première étape. Ce n'est qu'une fois que le Royaume-Uni aura formellement quitté l'UE, théoriquement le 29 mars 2019, que pourront s'engager les pourparlers en vue du futur partenariat entre Londres et les 27. Et les diplomates européens ne sont pas certains qu'il reste encore une marge suffisante pour négocier, alors que l'accord a déjà pratiquement épuisé les réserves des uns et des autres.

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