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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Sabine Roitman : Avis de tempête chez l’Oncle Sam

Les perpectives de la semaine par Sabine Roitman, Conseil en communication.

Israël, colosse aux pieds d’argile ? Jamais le pays n’a été en aussi grande forme, avec sa population en forte croissance, ses technologies de pointe, son économie en plein essor et son sens moral seul capable de brider sa capacité militaire. De même, jamais le peuple juif n’a été aussi confortablement installé en Diaspora avec la renaissance des communautés, le foisonnement de la pensée et des études juives sous la protection bienveillante des gouvernements… 

Mais sommes-nous vraiment en eaux calmes, ou bien dans l’œil du cyclone ? Ce beau temps ne masquerait-il pas un avis de tempête ? La France qui « sans les Juifs ne serait plus la France » vote avec constance chaque résolution contre Israël dans chacune des instances de l’ONU et tente d’y entraîner avec elle les autres pays européens. Au Royaume-Uni, le Brexit fait vaciller le gouvernement May et laisse présager des élections anticipées qui pourraient amener au pouvoir Jeremy Corbyn, antisémite notoire et antisioniste forcené.     L’Allemagne, elle, est en proie au « syndrome de Merkel », mauvaise conscience héritée de sa culpabilité dans la Shoah qui l’a amenée aussi bien à devenir le premier soutien d’Israël en Europe qu’à ouvrir ses portes à des étrangers qui véhiculent une culture antijuive moyenâgeuse. 

En Israël même, on peut s’interroger sur le « dôme de fer » : s’il a la vertu de bloquer une partie des roquettes, il a aussi pour effet de neutraliser la volonté de riposte de Tsahal. Où est donc passée la doctrine stratégique « muraille d’acier » de dissuasion héritée de Jabotinsky ? Pour preuve, l’adoption récente d’un cessez-le-feu en vue d’un apaisement dans le contexte d’une stratégie globale d’alliances, malgré l’impression donnée que c’est le Hamas qui fixe l’agenda sur Gaza. 

Côté Oncle Sam, jamais gouvernement US n’a autant défendu Israël. La mauvaise conscience des juifs américains depuis la Shoah les a amenés à soutenir depuis sa création l’Etat d’Israël mais elle les incite aussi à se ranger du côté de la diversité et des réfugiés quels qu’ils soient d’où leur affiliation à 75% aux Démocrates et, par anti-Trumpisme dans la ligne du Parti, un début de refroidissement de leur relation à Israël.

« La normalisation de l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme dans les universités devenues le terreau du BDS.»

Plus inquiétante, la normalisation de l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme dans les universités devenues le terreau du BDS, y compris parmi des étudiants juifs. Là-bas comme ici, des médias irresponsables jettent de l’huile sur le feu pour augmenter leur audience. La tragédie de Pittsburgh a été un réveil brutal pour nombre de juifs américains qui ne se sentaient pas concernés jusqu’à maintenant par l’antisémitisme, n’y voyant qu’un phénomène européen ou moyen-oriental et nous gratifiaient d’une sympathie mêlée de condescendance. 

Dans ce monde où tout change et bascule sans cesse, on ne peut qu’être frappé par le grand écart entre des prouesses technologiques qui nous tirent vers l’avenir et une guerre de religion qui voudrait nous ramener au Moyen-Age. Dans un tel contexte, à quoi peut-on mieux se raccrocher qu’aux valeurs permanentes de notre Judaïsme ?

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