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11 Décembre 2018 | 3, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Régions

Toulouse : 26e Journées de la culture juive... et polémiques

(DR)

En 25 années d’existence, les Journées de la culture juive organisées par Hebraica n’ont quasiment jamais connu un accueil aussi belliqueux. Pourtant, le programme n’a pas encore commencé.

Ce qui suscite l’ire de certains, c’est l’affiche. Elle représente la carte d’Israël et la reprise de la plus célèbre prière «  Écoute Israël ». Si le titre se voulait quelque peu provocateur (et comment attirer l’attention sinon par le choc des mots?), la carte, elle, reprend les contours que tout enfant dessine et contient des mots de paix et de culture juive. L’équipe d’Hebraica n’y a pas vu de malice pour évoquer le thème général, lui aussi banal, les 70 ans de l’Etat d’Israël.

   Il en est autrement d’un groupuscule d’extrême gauche, lequel tente de remplacer le mot « Israël » par « Palestine » sur les 40 affiches diffusées dans Toulouse. Bêtise et billevesées, pour certains. Signes inquiétants, pour beaucoup, dans cette ville où l’idéologie antisioniste/antisémite a déjà tué.

Mais plus inquiétante a été la réaction du Théâtre du Grand Rond, partenaire de longue date d’Hebraica. L’ouverture du festival, comme l’année précédente, devait se dérouler dans ses locaux. Or, selon les termes du directeur « beaucoup plus que le titre « Écoute Israël » c’est plutôt l’image des frontières d’Israël dessinées sur l’affiche qui nous a conduits à [rompre l’accord]. Sauf erreur de notre part les frontières ainsi dessinées englobent la Cisjordanie et si chacune peut avoir une opinion personnelle quant à ce sujet, il est par essence et par nature ultra-politique et ultra-clivant ». L’exégèse de ce texte montrerait la superficialité de cette bien- pensance, en réalité intolérante et proche de la haine.

Quoi qu’il en soit, Hebraica a trouvé une solution de repli au sein de l’Espace du judaïsme. Le spectacle aura bien lieu dimanche 11 novembre, et le festival aussi jusqu’au 28 novembre. 

Il faut dire qu’il eut été dommage de priver Toulouse des textes d’Hanoch Levin. Le dramaturge israélien fait rire le monde entier avec ses pièces courtes, fulgurantes de cynisme, mais toujours baignées de tendresse. Le spectacle est mis en scène par Sharon Mohar, qui a travaillé avec l’auteur et qui continue en Israël avec la veuve de Levin. 

Outre les conférences, en particulier sur les défis écologiques que tente de gagner l’Etat hébreu, les Journées proposent une programmation plus participative. Le public est en effet invité à agir, lors des ateliers de calligraphie, de danses israéliennes ou encore dans la soirée Kibboutz. Enfin, grâce au partenariat avec La Cinémathèque de Toulouse, près de 12 films israéliens seront projetés, en présence des directeurs des Cinémathèques de Tel-Aviv, de Jérusalem, et aussi du réalisateur, Savi Gabizon.

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