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27 Juin 2019 | 24, Sivan 5779 | Mise à jour le 26/06/2019 à 18h12

Rubrique Communauté

Grosse friture sur les ondes de Radio J

(DR)

Dimanche 16 décembre, l’émission « La ligne ouverte » de Radio J a été interrompue en direct, provoquant un flot de réactions sur les réseaux sociaux. Rappel des faits et parole aux personnes concernées.

Le changement de direction de Radio J impliquera-t-il un changement de sa ligne éditoriale ? C’est ce que peut laisser à penser l’incident qui s’est produit sur les ondes de la fréquence juive dimanche dernier et auquel les auditeurs ont assisté en direct. Dix minutes après le démarrage de « La ligne ouverte », émission que Guy Rozanowicz (co-fondateur de Radio J) anime bénévolement tous les dimanches après-midi à 15h30 depuis trente-sept ans, le technicien a reçu un appel de Dov Zerah, le nouveau président de Radio J, lui ordonnant de couper le micro. Motif de sa colère, le fait que la parole ait été donnée à Claude Barouch, président de l’UPJF, l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France, venu exprimer son mécontentement quant au fait que sa chronique (payante) ait été ordonnée interdite d’antenne. 

Guy Rozanowicz explique : « Le 7 décembre dernier, Dov Zerah a envoyé une lettre recommandée à la Régie publicitaire de la radio demandant de ne plus vendre de temps d’antenne à l’UPJF. Claude Barouch, qui diffusait sa chronique depuis une vingtaine d’années s’est ainsi vu interdit de micro du jour au lendemain. Il m’a demandé d’avoir accès à ma ligne ouverte pour faire entendre aux auditeurs son mécontentement quant à cette décision. Chose que j’ai bien entendu acceptée. Son intervention était virulente mais pas insultante. Elle a suscité des messages de soutien de la part des auditeurs. Cela n’a pas plu au nouveau président de la radio qui a ordonné que l’on coupe l’antenne et diffuse de la musique. C’est à peine si j’ai eu le temps de dénoncer cette nouvelle marque de la pensée unique… ». 

Les raisons de cette coupure, ce n’est non pas Dov Zerah qui les apporte, mais Marc Eisenberg, chef de file des financiers qui s’attellent à la reprise de Radio J et Judaïques FM. « Dans sa chronique du 2 décembre, Claude Barouch a lancé un appel à la démission du ministre de l’Intérieur et des Cultes Christophe Castaner. Un appel que j’ai jugé totalement irresponsable dans le contexte actuel de résurgence de l’antisémitisme et, pour ce qui concerne plus précisément la radio, de négociations d’un moratoire avec l’État pour lui assurer sa survie. En outre, Christophe Castaner est, tout comme ses prédécesseurs, un ministre qui s’inscrit dans un esprit constructif et favorable à l’égard de la communauté juive. Appeler ouvertement à sa démission sur une radio juive n’est absolument pas tolérable ».



Marc Eisenberg : « Nous sommes tous pour la liberté d’expression »


Quant à la coupure en direct de la « libre antenne », Marc Eisenberg la justifie par le fait que « Claude Barouch ne pouvait pas intervenir tel un auditeur lambda pour taper comme il l’a fait sur la direction de la radio ». « Nous sommes tous pour la liberté d’expression mais il y a de temps en temps des intérêts supérieurs de la communauté qu’il faut savoir prendre en compte », conclut le repreneur principal de la radio qui cherche désormais la voie de l’apaisement. 

Claude Barouch, lui, assume parfaitement ses déclarations. « Quand je vois un pays à feu et à sang et tous les dégâts causés dans les rues de Paris et ailleurs [pendant les manifestations des Gilets jaunes], je pense que le ministre de l’Intérieur qui n’a pas d’expérience en la matière, aurait dû présenter sa démission. En ce qui me concerne, je suis un électron libre et non quelqu’un qui dépend de l’État ». Le militant communautaire envisage des poursuites juridiques contre Radio J pour « rupture brutale de contrat commercial ». Il a aussi publié une lettre ouverte à Dov Zerah et fait circuler une pétition sur Internet visant à protester contre ce qu’il qualifie « d’atteinte à l’équilibre » de la communauté.

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