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11 Décembre 2018 | 3, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Culture/Télé

Sigmund Freud : du regard à l’écoute

(DR)

Jusqu’au 10 février prochain, la première exposition française sur Freud s’installe au Musée d’art et d’histoire du judaïsme. Sous-titrée « Du regard à l’écoute », elle raconte les différentes étapes de la vie du père de la psychanalyse.

Peu d’intellectuels cristallisent autant de passions que Sigmund Freud. En inventant la psychanalyse, le Viennois a créé une chapelle qui compte autant de fervents adeptes que de détracteurs virulents.

Quand certains y croient comme dans une religion magique, d’autres dénoncent le charlatanisme de la méthode. Mais peu connaissent la genèse de cette science de l’esprit, ni les chemins de vie de son concepteur, qui a évolué au cœur de l’intelligentsia de l’époque, comme Stefan Zweig avec qui il a tenu une correspondance de vingt ans. C’est ainsi pour mieux saisir ce personnage historique complexe, que le Mahj lui consacre sa première exposition en France.

A travers neuf séances chronologiques, le parcours retrace les différentes étapes de la vie de celui qui a révolutionné notre façon de percevoir la maladie mentale. L’homme, le neurologue, le concepteur d’un système psychique cohérent a eu mille vies. Depuis son intérêt pour l’hypnose avec le professeur Charcot à la Salpétrière, à la découverte de l’association libre avec ses patients, mais aussi sa passion pour les objets d’art et l’héritage qu’il laisse, notamment aux surréalistes qui se réclament de lui, Dali en tête. L’exposition affiche plus de 200 œuvres, dont des peintures, des manuscrits, des sculptures, des gravures et des instruments scientifiques, grâce à des prêts exceptionnels du musée Freud de Londres, du musée d’Orsay et du musée national d’Art moderne, ainsi que de grands musées autrichiens et allemands (Leopold Museum, Österreichische Galerie Belvedere, Vienna ; Museum der Bildenden Künste, Leipzig…). Un parcours à l’image de Freud, qui avait compris la puissance du symbole. 



Freud se libère du visible, des images, de la science, pour se concentrer sur l’écoute


Parmi les œuvres magistrales à ne pas manquer, le tableau de E-L Pirodon, « Une leçon du docteur Charcot à la Salpétrière », l’œuvre bien connue de Gustave Courbet « L’Origine du monde », et une sculpture magistrale en moulage de plâtre du Moïse de Michel Ange, prêtée par le musée des beaux-arts. A elles trois, elles symbolisent à la fois le travail intellectuel de Freud mais aussi sa transition d’un esprit cartésien à un esprit spirituel, qui l’a mené vers la fin de sa vie, à se rapprocher de la religion de ses pères, qu’il avait rejetée jusqu’alors. On peut apercevoir dans la dernière salle de l’exposition, consacrée à son rapport au judaïsme, la Hanoukia de sa famille, qui date du XIIIe siècle et un panneau avec cette citation issue de la préface à l’édition hébraïque de son livre «Totem et tabou » « Qu’est-ce qui est encore juif chez toi, alors que tu as renoncé à tout ce patrimoine ? s’interroge-t-il, avant de répondre. – Encore beaucoup de choses, et probablement l’essentiel ».

Lui qui se définissait en « juif tout à fait sans Dieu », a contribué à la culture universelle, projet des Lumières juives de l’époque. Peu à peu, Freud se libère du visible, des images, de la science, pour se concentrer sur l’écoute, l’outil majeur de la psychanalyse. « Une écoute talmudique », explique Jean Clair, le commissaire de l’exposition. 


Mahj : Hôtel de Saint-Aignan 71, rue du Temple - 75003 Paris Tél. : 01 53 01 86 60

Horaires : du mardi au vendredi  de 11 h à 18 h, sam. et dim. de 10 h à 18 h. Jusqu'au 10 février

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