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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique France/Politique

Gilets jaunes : L’évolution inquiétante d’un ras-le-bol légitime

(wikipedia)

Ce sont des scènes de chaos qui se répètent et s’amplifient chaque samedi depuis le 17 novembre. Retour sur les raisons d’être de ce mouvement et réactions de personnes qui vivent de très près ces émeutes.

A l’origine, beaucoup pensaient que le SMS, envoyé de façon virale, appelant à faire du samedi 17 novembre une « journée morte », en ne dépensant aucun centime, en réaction à l’augmentation des prix du carburant ne serait qu’un one shot. C’était sans compter sur la détermination d’un mouvement, pas tout à fait structuré, mais convaincu que, la fin justifiant les moyens, il parviendrait à faire admettre ses revendications, qui se sont bien étoffées depuis.

Dans un communiqué envoyé jeudi 29 novembre aux médias et aux députés, le mouvement des Gilets jaunes a détaillé les quarante-deux mesures hétéroclites qu’il attend que le gouvernement prenne. Parmi elles, l’augmentation du Smic à 1 300 euros net, augmentation des allocations handicapés, la mise en place d’une réelle politique d’intégration (adossée à des cours de langue française et d’histoire de France) ou encore une continuation du système des aides Pajemploi jusqu’à ce que l’enfant ait dix ans.

Des mesures frappées pour nombre d’entre elles au coin du bon sens, ce qui explique certainement le soutien qu’exprime l’opinion publique à ce mouvement. Selon un sondage réalisé par Harris Interactive en ligne dimanche 2 décembre, 72% des personnes interrogées disaient en effet soutenir ce mouvement. Et ce, malgré les terribles images des Champs-Élysées ravagés qui passaient en boucle depuis la veille.

Des images que certains ont vécu de plein fouet. Tels ces commerçants, qui ont dû baisser leur rideau. Mickaël qui gère un magasin dans le centre-ville de Marseille, a ainsi assisté à des scènes de saccage ahurissantes. « La vitrine de Footlocker a été totalement démolie et le magasin Lacoste, qui n’a pas fermé ses portes à temps, a été complètement pillé. Les casseurs se sont joints aux manifestants sans que personne n’y trouve à redire », raconte-t-il, visiblement inquiet de la tournure que prend cette grogne. 


Des extrémistes de tous bords


Le rabbin Shelomo Zini qui officie depuis vingt-six ans à la synagogue Elie Dray de la rue du Faubourg Saint-Honoré (près des Champs-Elysées) se retrouve lui aussi aux premières Loges. Chabbat dernier, il a ainsi dû rester tout le long de la journée à la synagogue sans pouvoir rentrer chez lui en raison des barrages. « À l’office, nous étions, Baroukh Hachem, aussi nombreux que d’habitude bien qu’un certain nombre de fidèles n’aient pas pu venir à cause des manifestations. À l’extérieur de la synagogue, c’était autre chose. Voir deux voitures de police entièrement ravagées par les flammes, c’est du jamais vu ».

Incontrôlable donc, le mouvement des Gilets jaunes s’acoquine de la présence des casseurs et extrémistes de tous bords en son sein, qui cherchent à récupérer la situation. C’est bien ce risque de dérapage qui inquiète le rabbin Zini. « Ces scènes auxquelles on assiste révèlent ce que l’être humain a de plus animal en lui. Comme il est écrit dans les Pirke Avot (Maxime des Pères chapitre 3) ‘Prie pour l’ordre public instauré par la royauté car sans la crainte qu’elle inspire, les hommes s’entre-dévoreraient vivants’ », rappelle-t-il. La Prière pour la République n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui.

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