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19 Mars 2019 | 12, Adar II 5779 | Mise à jour le 19/03/2019 à 14h51

Rubrique France/Politique

Prix CNCDH : Les Droits de l’Homme ne sont plus ce qu’ils étaient

En remettant le prix des Droits de l’Homme de la République française à deux associations notoirement connues pour leur activisme pro-palestinien, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), commet un choix qui discrédite sa raison d’être.

« Assimilée à une Autorité administrative indépendante, [la CNCDH] est une structure de l’État qui assure en toute indépendance,  auprès du gouvernement et du parlement un rôle de conseil et de proposition dans le domaine des droits de l’homme, du droit et de l’action humanitaire et du respect des garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques ». C’est ainsi que se présente elle-même, sur son site Internet, ladite Commission qui vient de faire parler d’elle par la remise de ses prix des Droits de l’Homme de la République française 2018.

Parmi les cinq lauréats figurent en effet l’association israélienne B’Tselem et l’association palestinienne Al Haq. Deux organes qui ne cessent de critiquer l’État juif, quoi qu’il fasse, d’ailleurs, pour sa politique envers les Palestiniens. Cette double attribution est d’autant plus symbolique qu’elle est remise à l’occasion des soixante-dix ans de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et des vingt ans de la Déclaration des Nations unies sur la situation des défenseurs des Droits de l’Homme. Elle n’en est pas moins inacceptable, sachant que parmi les grandes missions de la CNCDH (dixit encore son site Internet), figure celle de « veiller au respect par la France de ses engagement institutionnels et internationaux ». Or, B’Tselem et Al Haq sont deux associations qui soutiennent ouvertement la campagne BDS, campagne de boycott d’Israël, rigoureusement interdite et condamnée par la Justice française. 


En contradiction avec nos lois


Pas étonnant donc que dès l’annonce de la remise de ces prix, le 28 novembre dernier, Israël et de nombreuses associations aient vigoureusement réagi. « Choqués que le Prix des Droits de l’Homme de la République française 2018 puisse être remis à l’organisation palestinienne Al Haq qui est liée à l’organisation terroriste FPLP qui prône ouvertement le boycott », a tweeté l’ambassade d’Israël. Le député Meyer Habib a interpellé la ministre de la Justice Nicole Belloubet qui devait, initialement, remettre en personne le prix aux récipiendaires controversés (lire son interview p.24). 

 Face au tollé provoqué, la Garde des Sceaux a finalement renoncé à assister à la cérémonie. Cette dernière s’est néanmoins malgré tout tenu au sein de la Chancellerie. « Décerner ce prix à de telles associations est une provocation de la CNCDH et accepter que cela se passe au sein du ministère de la Justice est une faute », a estimé le président du Crif Francis Kalifat dans un courrier adressé à la ministre. À laquelle il demande, « une nouvelle fois, d’être en cohérence avec les déclarations du Président de la République, du Premier ministre, avec [ses] propres déclarations concernant le Boycott et de ne pas cautionner l’action de ceux qui agissent en contradiction avec nos lois ».

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