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19 Mars 2019 | 12, Adar II 5779 | Mise à jour le 19/03/2019 à 14h51

Rubrique France/Politique

Strasbourg : L’horreur et l’angoisse

Sur les lieux de l’attentat au marché de Noël à Strasbourg (CAPTURE D’ECRAN BFMTV.)

Les risques autour de marché de Noël étaient connus ; la communauté juive tente de revenir peu à peu à la normalité.

Chérif Chekatt (l’auteur présumé de la tuerie) a su déjouer un très imposant dispositif sécuritaire autour du mondialement célèbre marché de Noël de Strasbourg, qui attire chaque année près de deux millions de visiteurs. Nul n’ignorait le risque d’une attaque contre le marché de Noël, qui avait fait l’objet de plusieurs tentatives d’attentats ces dernières années - le plus abouti, un projet d’attentat à la bombe sur la place de la Cathédrale, remonte à l’an 2000. Comme le rappelait le spécialiste du monde musulman Gilles Kepel, tout ce qui se rapporte à Noël suscite la haine des islamistes radicaux et le marché de Noël de Berlin avait été en décembre 2016 la cible d’un attentat causant la mort de douze personnes. De nombreux observateurs avertis s’accordent pour dire que Strasbourg, capitale de l’Europe, ville frontalière, foyer d’une communauté juive nombreuse et visible, « capitale de Noël », est une ville à risques. 


Tout ce qui se rapporte à Noël suscite la haine des islamistes radicaux

Dans les heures et les jours qui ont suivi la tuerie, la communauté juive a globalement agi avec une prudence renforcée sans céder à la panique. Une cellule de crise d’une petite dizaine de personnes a été mise sur pieds à peine les faits connus. Mercredi 12 décembre, la quasi-totalité des écoles juives ont fermé leurs portes alors que les autres écoles de la ville étaient ouvertes (mais sans cours ni obligation de présence) et cette décision a fait l’unanimité. Le lendemain, les écoles ont rouvert et la majorité des enfants (plus des deux-tiers pour la maternelle et la primaire, 90% pour le secondaire) étaient présents. Les responsables d’établissements avaient transmis aux parents des consignes strictes en matière de sécurité et tout s’est bien déroulé. Jeudi 13, alors que le terroriste était encore en fuite, des rumeurs – celle de tirs dans le parc des Contades par exemple - ont suscité des brefs mouvements de panique, d’autant que des heurts entre lycéens protestataires et forces de l’ordre ont eu lieu à proximité de la grande synagogue. Maurice Dahan, élu au Consistoire en charge des questions de sécurité, résume ainsi le défi des prochaines semaines : « Faire en sorte que la vie reprenne le dessus tout en restant vigilants ». Le terroriste sera finalement éliminé par les forces de police ce même jeudi 13 décembre. 

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