Default profile photo

27 Juin 2019 | 24, Sivan 5779 | Mise à jour le 26/06/2019 à 18h12

Rubrique France/Politique

Jean-Michel Blanquer : « Accentuer l’enseignement de la Shoah »

(DR)

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, invité d’honneur du dîner du CRIF présidé par Jérôme Culioli, a accepté de répondre à nos questions.

Actualité Juive : Vous venez de créer une plateforme pour signaler les actes racistes et antisémites à l’école. En a-t-on recensé beaucoup?

Jean-Michel Blanquer : Il n’y a pas de recensement spécifique pour les actes racistes et antisémites. On a des recensements généraux sur les actes de violence parmi lesquels des actes racistes et antisémites. L’un des buts de la plateforme est qu’on puisse avoir une vision plus précise de ce qui se passe. D’après les indicateurs, le phénomène est resté de même intensité depuis un an et demi. Cela existe suffisamment pour que nous réagissions de manière volontariste.


A.J.: Certains jeunes ignorent tout de la Shoah et des génocides. Comment y remédier ?

J.-M. B. : D’abord en accentuant un travail de qualité fait depuis un certain nombre d’années : l’insertion très claire et très explicite de la Shoah dans les programmes, ce qui permet aux élèves de le voir à plusieurs moments de leur scolarité, y compris dans les nouveaux programmes du lycée. Ensuite, en ayant une action volontariste sur la sensibilisation des élèves. Il n’y a pas seulement un enseignement historique, mais aussi, un enseignement des valeurs au travers de l’éducation civique et morale et des expériences que nous leur faisons vivre. C’est ce qui se passe quand nos élèves reçoivent des témoins de la Shoah, ou visitent le Camp des Milles ou Auschwitz. Ces initiatives très concrètes, dont nous parlons avec les institutions juives qui organisent des actions de ce type, vont dans le bon sens. Le récent rapport de Vincent Duclert sur l’enseignement des génocides va permettre d’accentuer celui de la Shoah et des génocides, de façon que  nos élèves soient plus sensibilisés à ces moments dramatiques de l’humanité.


A.J.:  L’enseignement de la  Shoah déclenche parfois des réactions négatives…

J.-M.B. : Conscient de ce problème, je suis pragmatique et lucide et ne me satisfais pas de la présence de la Shoah dans les programmes, et les programmes de formation continue pour les professeurs. 90% des élèves apprennent comme il convient. Même dans les quartiers défavorisés où l’on pense que le fondamentalisme islamique a gagné du terrain, ils reçoivent parfaitement le message. Il faut avoir une vision contrastée et subtile du sujet. Du côté du pire, on voit des élèves qui, sous influence, ne veulent pas entendre parler de la Shoah. Nous avons bâti une réponse : les équipes de laïcité qui luttent contre le racisme et l’antisémitisme et interviennent quand un professeur se trouve démuni face à ce type de réactions. 

Powered by Edreams Factory