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23 Mars 2019 | 16, Adar II 5779 | Mise à jour le 21/03/2019 à 18h35

Rubrique France/Politique

La gare de Pithiviers, haut lieu de la mémoire nationale

Les « Fils et Filles » avec Serge Klarsfeld lors d'un rendez-vous du souvenir à la gare de Pithiviers en mai 2012.(Marylou Tremil)

A la suite d’un accord de partenariat conclu en mai 2017 entre le Mémorial de la Shoah et la SNCF, un projet d’aménagement de création d’un lieu de Mémoire au sein de l’ancienne gare de Pithiviers verra le jour au premier semestre 2020.

Le 18 décembre lors d‘une rencontre avec la presse en gare de Pithiviers d’où embarquèrent des milliers de Juifs pour Auschwitz-Birkenau, Jacques Fredj, le directeur du Mémorial de la Shoah a annoncé qu’à la suite d’un accord de partenariat conclu en mai 2017 entre le Mémorial de la Shoah et la SNCF, un projet d’aménagement de création d’un lieu de Mémoire au sein de l’ancienne gare de Pithiviers verrait le jour au premier semestre 2020. 

   D’une surface de 400 mètres carrés, ce lieu comportera un espace d’exposition consacré à l’histoire de cette gare dans l’étape de la déportation après l’internement des victimes. En outre, selon Jacques Fredj « des salles pédagogiques permettront d’accueillir des scolaires et de développer des actions éducatives et servira de point d’accueil à l’intention de groupes à proximité des traces de l’ancien camp de Pithiviers détruit après la guerre, et du monument sur lequel son gravés les noms des internés déportés. Enfin, ce Lieu qui sera porté et animé par le Mémorial de la Shoah fonctionnera en synergie avec le Cercil-Musée des enfants du Vel d’Hiv, créé en 2011 et rattaché au Mémorial de la Shoah depuis janvier 2018. » 

   Cette initiative essentielle pour notre mémoire nationale est à saluer. Les camps du Loiret furent les antichambres des usines de mort en terre Polonaise. On ne saurait oublier en effet qu’après l’armistice de juin 1940 où s’y entassèrent des milliers de prisonniers de guerre Français, ce sont plus de 16 000 Juifs dont 4 500 enfants, entre 1941 et 1943 qui furent internés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, gardés par les gendarmes Français. Après la Rafle du « Billet Vert » le 14 mai 1941, plus de 3 700 Juifs furent internés dans ces camps avant d’être déportés un an plus tard à Auschwitz-Birkenau en 3 convois : le 28 juin par le convoi 4 depuis la gare de Pithiviers, le 28 juin par le convoi 5 depuis la gare de Beaune et le 17 juillet par le convoi 6 depuis Pithiviers.  

Puis après la Rafle du Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942, durant laquelle 8 160 personnes furent arrêtées, les départs en direction d’Auschwitz-Birkenau se firent en 4 convois depuis la gare de Pithiviers : le   31 juillet 1942 pour le convoi 13, le 3 août pour le convoi 14, le 5 août pour le convoi 15 depuis la gare de Beaune-la-Rolande, le 7 août pour le convoi 16, et le 21 septembre 1942 pour le convoi 35. A chaque départ, les gendarmes séparèrent avec une brutalité inouïe les mères et les enfants, dont 3 000 restèrent seuls avant d’être transférés à Drancy pour être déportés avec les adultes entre le 17 et le 28 août 1942. Aucun d’eux n’est revenu. A partir de septembre 1942 jusqu’en août 1944, ce sont 3 000 prisonniers « politiques » qui furent détenus dans le camp de Pithiviers. Et d’octobre 1942 à juillet 1943, 1400 juifs furent internés à Beaune-la-Rolande avant d’être transférés  à Drancy et déportés. 

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