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10 Décembre 2018 | 2, Tevet 5779 | Mise à jour le 10/12/2018 à 16h05

Rubrique Israël

Une tempête force 61

Binyamin Netanyahou (Flash90.)

Le vaisseau de la coalition tangue mais Binyamin Netanyahou entend bien tenir le gouvernail jusqu’au 5 novembre 2019, date prévue des législatives.

De l’avis des experts politiques et des leaders des partis à bord il devrait faire naufrage avant. Depuis la démission d’Avigdor Lieberman la coalition à la Knesset s’est lestée de 6 membres du Israël Betenou ramenant la majorité à 61 voix sur 120. Difficile de gouverner avec une si courte longueur. Cependant, si pour l’heure le navire reste à flot, Naftali Bennett ayant renoncé à le quitter, les premières ondes de houle se font sentir. Faute d’une majorité de voix pour être adopté, le texte de loi sur la loyauté dans la Culture, portée par la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev, a été retiré de l’ordre du jour et reporté siné dié. Histoire d’éviter l’humiliation. Un texte phare de cette dernière année de mandature qui donnait le pouvoir à son ministère de ne pas subventionner des créations artistiques qui déshonorent les valeurs et les symboles de l’Etat d’Israël et incitent au racisme, à la violence ou au terrorisme. Moshe Kahlon avait donné carte blanche à ses députés de voter selon leur conscience, sonnant là inéluctablement le rejet du texte. « Qu’il arrête ses histoires, Kahlon veut juste faire tomber le gouvernement », a réagi Miri Regev reconnaissant qu’une coalition incapable d’adopter un projet aussi important que celui-ci ne pourra rien adopter du tout. Même Benny Begin, pourtant du Likoud, avait annoncé qu’il s’opposerait à ce texte assimilé par les milieux culturels à de la censure. Impossible de compter sur Lieberman, pourtant favorable au projet, pour envoyer une bouée de sauvetage.


Carte blanche à ses députés

Depuis qu’il est dans l’opposition il conditionne son soutien aux projets de loi de la coalition à l’adoption du sien d’autoriser les tribunaux à condamner à mort les terroristes. Autre avis de tempête dimanche avec le rejet par la Cour Suprême de la demande du gouvernement de prolonger de quatre mois le délai imparti pour l'adoption du projet de loi controversé sur la conscription des ultra-orthodoxes. Le temps que Yaakov Litzman, le leader de Yahadut Hatorah puisse demander la permission des Grands Rabbins de voter pour, si toutefois quelques changements mineurs y étaient apportés. Des dizaines de milliers d'ultra-orthodoxes de plus de 18 ans bénéficient actuellement d'une exemption du service militaire pour étudier dans les yeshivot. Et le projet de loi, adopté au mois de juillet en 1ère lecture, prévoit des objectifs chiffrés d’ultra-orthodoxes qui devront s’enrôler dans les rangs de Tsahal et des sanctions financières contre les séminaires qui ne respecteraient pas les règles. Le dernier délai consenti par la Haute Cour est fixé au 15 janvier. Difficile d’imaginer que dans ce laps de temps le texte puisse être amendé. D’ailleurs Netanyahou a confié à huits-clos qu’il n’en avait pas l’intention et qu’il pourrait se passer des ultrareligieux pour le faire adopter.  Si la loi était entérinée, les Harédim pourraient quitter le navire et le faire chavirer. Israël serait alors appelé aux urnes plus tôt que prévu. 

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