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20 Janvier 2019 | 14, Shevat 5779 | Mise à jour le 20/01/2019 à 16h12

26 janvier - Chabbat Yitro : 17h18 - 18h29

Rubrique Israël

Contenir le virus terroriste

Shira Ish-Ran, qui a perdu le bébé qu’elle portait, et son mari Amichaï, blessés dans l’attaque terroriste la semaine dernière à Ofra, tiennent une conférence de presse à l’hôpital Shaarei Tzedek. (Flash90.)

Un jeune couple en pyjama d'hôpital, assis sur des fauteuils roulants, devant un parterre de journalistes. L'image de la conférence de presse des parents du petit Amiad Israël Ish-Ran, le 16 décembre, était aussi poignante que leur message.

« C'est le sang de tout Israël qui coule aujourd'hui dans mes veines », a expliqué Shira. La jeune femme a dû subir de nombreuses opérations et transfusions pour survivre aux blessures infligées par le terroriste qui a attaqué les Israéliens qui attendaient le soir du 9 décembre à la sortie de l'implantation d'Ofra. Mais les médecins n'ont pas réussi à sauver l'enfant qu'elle portait. « Au cours de ses trois jours de vie, il a réussi ce que d'autres ne parviennent pas à faire au cours de leur existence : unir le peuple d'Israël », a déclaré son mari Amichaï.

Cette nouvelle tragédie restera le symbole des attaques qui viennent de frapper la Judée-Samarie. Dans la région de Binyamin, deux fusillades ont visé des civils et des soldats israéliens. Après Ofra, une autre attaque, le 13 décembre à Givat Assaf, a coûté la vie aux sergents Yovel Mor Yosef et Yosef Cohen. Un de leurs camarades est toujours dans un état grave. A Jérusalem, deux gardes-frontières ont été blessés au couteau. A Beit El, un soldat qui gardait un point isolé de l'implantation, a été grièvement poignardé et frappé à coups de pierres. En début de semaine, une Israélienne a été blessée par des jets de pierres contre sa voiture près d'Eli.

Cette recrudescence de la violence terroriste porte la marque du Hamas qui tente sans répit de reprendre pied en Judée-Samarie. Ce n'est pas un hasard si Tsahal a aussitôt resserré son étau autour de Ramallah, où opère une nouvelle cellule de l'organisation terroriste. Si la vigilance de Tsahal a été prise en défaut, l'action des forces de sécurité israéliennes pour empêcher une restructuration terroriste est pourtant constante. Mais on sait que le dispositif n'est jamais totalement étanche. Il a fallu plus de deux mois de traque pour retrouver l'auteur de l'attentat de Barkan, qui avait assassiné deux Israéliens. Celle du terroriste d'Ofra n'aura pris que deux jours.

La question est désormais de savoir s'il s'agit d'une poussée de fièvre ponctuelle ou du départ d'une nouvelle escalade. Il fallait donc une réponse rapide de la défense israélienne pour briser toute dynamique d'émulation terroriste. Binyamin Netanyahou, qui a repris le ministère de la Défense, a donné la marge de manœuvre nécessaire aux forces de sécurité pour agir sur le terrain par des arrestations préventives et la démolition de plusieurs maisons de terroristes. La poursuite de la coopération sécuritaire avec l'Autorité Palestinienne a également permis de limiter l'emballement. Les manifestations palestiniennes du 14 décembre que l'on redoutait comme un nouvel embrasement, sont restées d'une portée limitée, principalement parce que la police de Mahmoud Abbas a empêché les rassemblements de s'approcher trop près des barrages de Tsahal. Le chef de l'Autonomie a son propre intérêt à ne pas laisser le Hamas défier son pouvoir en soulevant la rue palestinienne.

Pourtant, la situation sur le terrain reste volatile. Les Israéliens de Judée-Samarie sont inquiets pour leur sécurité face à l'audace croissante des terroristes. Binyamin Netanyahou doit aussi tempérer les appels à plus de fermeté de l'aile droite de sa coalition, alors qu'il veut éviter un conflit simultané sur le front palestinien et celui du nord.

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