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20 Janvier 2019 | 14, Shevat 5779 | Mise à jour le 20/01/2019 à 16h12

26 janvier - Chabbat Yitro : 17h18 - 18h29

Rubrique Israël

Sanctions : moins d'Iran en Syrie

Le général Tamir Heymann (Flash90.)

Le chef des renseignements de Tsahal constate un désengagement iranien en Syrie. Première cause : l'effet des sanctions américaines sur les priorités du régime de Téhéran. Mais aussi l'action d'Israël.

La première intervention du chef d'Aman, les renseignements militaires israéliens, depuis son entrée en fonctions en avril dernier devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset était attendue avec intérêt. Le   11 décembre dernier, le général Tamir Heymann a été à la hauteur des attentes. Dans une séance à huis clos, l'officier a présenté un tour d'horizon stratégique régional, où le rôle de l'Iran était évidemment central. 

   Le chef des renseignements de Tsahal a confirmé que l'Iran avait commencé à se désengager du théâtre syrien, « une tendance qui se mesure en dizaines de pourcent », a estimé le général Heymann. Selon les analyses de ses services, c'est l'impact des sanctions américaines, réactivées depuis l'été dernier, qui en sont le facteur déterminant. Les mesures de rétorsion prises par Washington contre Téhéran ont déjà affaibli l'économie iranienne « qui s'enfonce dans une crise grave », alors que les exportations pétrolières iraniennes ont considérablement reculé. Au point que non seulement l'opinion publique, mais surtout certains dirigeants iraniens remettent en cause la poursuite de l'engagement en Syrie, étant donné le coût qu'elle impose au pays, a constaté le chef d'Aman, qui a précisé que les renseignements militaires de Tsahal surveillaient de près les efforts de l'Iran en vue de contourner les sanctions américaines. L'officier israélien a en outre réitéré l'engagement de Tsahal à ne laisser ni l'Iran ni le Hezbollah s'établir sur la frontière du Golan.


L’Iran s’enfonce dans une crise grave

Une détermination également soulignée par le Premier ministre israélien. « L'armée israélienne est actuellement la seule au monde directement engagée contre des forces iraniennes. C'est ce que nous faisons en Syrie et nous les repoussons », a affirmé Binyamin Netanyahou lors d'une allocution devant les correspondants de la presse étrangère en Israël. Pour le chef du gouvernement israélien, ce que veulent les Iraniens, c'est « faire venir leur armée ici, à 1500 km de l'Iran, sur notre frontière. Acheminer des missiles de portée suffisante pour couvrir tout Israël et 80 000 miliciens chiites dans le but déclaré de nous détruire. Donc, nous attaquons l'Iran de front en Syrie et si c'est nécessaire, nous ferons tout ce qu'il faudra pour nous protéger », a assuré le Premier ministre israélien. 

Cela dit, l'Iran n'a pas renoncé pour autant à établir son axe chiite jusqu'au Liban, où le Hezbollah est en première ligne face à Israël. S'il est gêné dans ses mouvements en Syrie par les frappes israéliennes, il a encore les mains libres au Liban, où il achemine directement les armes qu'il destine à la milice chiite et qu'il veut doter de moyens de production d'armes de précision. A ce propos, le chef des renseignements de Tsahal a rappelé que si le Hezbollah détient bien un considérable arsenal de roquettes, il n'a pas encore la capacité industrielle de les transformer en missiles.

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