Default profile photo

25 Mai 2019 | 20, Iyyar 5779 | Mise à jour le 22/05/2019 à 18h15

Rubrique Monde juif

Dubaï : une synagogue sort de l’ombre

Le PDG d’une des plus grandes sociétés immobilères du monde, Mohamed Ali Alabbar.

Pour la première fois, la petite communauté juive de Dubaï a fait savoir qu’elle possédait sa propre synagogue.

Pendant des années, les juifs de Dubaï, des expatriés venus d’un peu partout et travaillant dans cet émirat, se sont réunis pour prier les uns chez les autres. Mais, voici trois ans, les choses ont totalement changé quand les mêmes ont loué une villa à des fins cultuelles dans un quartier résidentiel. 

Celle-ci abrite, en effet, non seulement la synagogue proprement dite, mais aussi une cuisine cachère, des salles pour se retrouver, une piscine et même quelques chambres à l’étage que les visiteurs pratiquants peuvent occuper lors du chabbat. A noter que Dubaï, important 85% de la nourriture que consomment ses habitants, il n’est pas trop compliqué de trouver des denrées cachers dans les supermarchés de l’émirat. A l’exception, bien entendu, de la viande. 

Pour en revenir à la synagogue, celle ci possède une section féminine et un sefer Torah sur le manteau duquel est brodée une inscription en arabe. Qui dit: « Cette Torah est dédiée en l’honneur de Son Excellence Mohamed Ali Alabbar dont la vision et la personnalité ont inspiré ses amis, le pays et la génération ».

Les initiés savent que Mohamed Ali Alabbar est le PDG d’une des plus grandes sociétés immobilières au monde, « Eemar Properties » qui a construit, entre autres, nombres de gratte-ciel à Dubai même. Mais ce qu’ils ignorent probablement, c’est que le même est l’ami d’un businessman juif new yorkais, Eli Epstein, celui là même qui a offert le sefer-Torah en son honneur. Et qu’ils ont fondé, ensemble, « Les enfants d’Abraham », un cadre de dialogue judéo-musulman destiné aux jeunes.

Cette proximité assure, jusqu’à aujourd’hui, une certaine sécurité à la petite communauté juive locale qui, tradition oblige, prie lors des offices pour « son gouvernement », à savoir le président des Emirats Arabes Unis (dont Dubaï fait partie), le cheikh Khalifa ben Zayed, et son vice-président qui dirige Dubaï, Cheikh Mohamed bin Rashid ainsi que tous les dirigeants des autres émirats et leurs princes. Sans oublier leur armée.

Ce sont ces bons rapports et le réchauffement des relations entre l’Etat d’Israël et les monarchies du Golfe qui ont poussé, la semaine dernière, la communauté juive de Dubaï à sortir de l’ombre en laissant publier un article à son sujet. Une première car, depuis sa création en 2008, ladite communauté gardait profil bas comme le montre, par exemple, le fait qu’elle ne possède pas un site sur la toile et qu’elle n’est pas listé sur les sites juifs de tourisme.  

Néanmoins, la prudence reste de mise puisqu’elle n’a pas autorisé que soient publiées ni son adresse ni des photos du bâtiment qu’elle occupe. Néanmoins, en se faisant connaître, même de manière « partielle », la communauté espère, entre autres, réunir des fonds pour réaliser l’un de ses rêves: la construction d’un bain rituel. 

Powered by Edreams Factory