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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Massacre des dissidents : 30 ans de silence iranien

L'organisation Amnesty International appelle les Nations Unies à ouvrir une enquête contre l'Iran pour crimes contre l'humanité.

Durant l'été 1988, l'Iran est encore en guerre contre l'Irak. Après l'incursion d'un groupe d'opposition iranien basé en Irak, l'ayatollah Khomeiny édicte en secret une fatwa, un décret religieux, donnant ordre d'éliminer les opposants au régime. En quelques semaines, plus de 5 000 prisonniers politiques, détenus dans les prisons du pays vont être traduits devant des « commissions de la mort », qui sous couvert d'interrogatoire et de promesse de vie sauve ou de libération en échange de leur allégeance au pouvoir, prononcent en réalité leur exécution immédiate par balles ou par pendaison, avant de faire jeter leurs corps dans des fosses communes.

Ces exécutions extra-judiciaires ont été totalement passées sous silence par le régime, qui a refusé aux familles des victimes toute information sur le sort de leurs proches, quand il ne les a pas dissuadées par la force de tenter de les retrouver. C'est ce qu'a établi Amnesty International après avoir longuement enquêté, examiné des archives et interrogé des proches des dissidents. L'ONG a également constaté que les acteurs de ces massacres avaient non seulement bénéficié d'une totale impunité, mais aussi de postes de pouvoir au sein du régime.

Amnesty International relève encore dans son rapport que « La Commission des droits de l’homme de l’ONU de l’époque n’a pas condamné ces agissements, tandis que l’Assemblée générale de l’ONU n’a pas saisi le Conseil de sécurité de cette situation » déplorant que les Nations Unies et la communauté internationale aient « gravement manqué à leur devoir envers les familles et les victimes ». L'ONG appelle d'ailleurs l'organisation internationale à enquêter sur ces « crimes contre l'humanité ». 

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