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19 Mars 2019 | 12, Adar II 5779 | Mise à jour le 18/03/2019 à 12h51

Rubrique Sport

Jordan Faucher : « Je gagnais mieux ma vie en Israël »

(DR)

Après plus de quatre saisons passées dans le Championnat israélien, cet attaquant franco-algérien de 27 ans a retrouvé depuis quelques mois sa région parisienne natale. Actualité Juive est parti à la rencontre de celui qui enregistre trois buts sous le maillot du Red Star, lanterne rouge de Ligue 2 après 19 journées.

Actualité Juive : Vous êtes de retour en France dans le club francilien du Red Star (dirigé par Patrice Haddad, ndlr) mais vous êtes surtout le premier joueur de nationalité algérienne à avoir évolué en Israël. Racontez-nous.

Jordan Faucher:  Ma double nationalité n’a jamais posé aucun problème. Je suis avant tout français. C’est vrai qu’en arrivant en Israël, je suis devenu une sorte de symbole. Tout s’est bien passé. J’ai appris l’hébreu sur le tas, ce qui a grandement facilité mon intégration. Ce que j’ai apprécié avant tout, c’est la qualité de vie israélienne: le soleil, la mer... J’ai pu visiter des endroits incroyables. Il y a eu certes des moments, comme à l’été 2014, où mon quotidien fut bouleversé par les soubresauts du conflit israélo-palestinien. Je me suis alors posé des questions sur mon avenir. Mais le sentiment d’insécurité ne m’a jamais envahi. Durant ces quatre ans, j’ai pris beaucoup de plaisir aussi bien en D2 avec le Maccabi Hertzliya qu’en D1 avec l’Hapoël Raanana et le Bnei Sakhnine. J’habitais dans un coin super sympa de la Marina à Hertzliya. Sur le terrain, on avait une équipe hyper soudée. Et cerise sur le gâteau, je termine meilleur buteur de D2 durant mes deux premières saisons. J’ai été dans la foulée sollicité par une poignée de clubs de Liga Haal. J’ai finalement opté pour Raanana où je ne me suis pas épanoui comme je l’espérais. J’ai rectifier le tir en rejoignant Sakhnine. Mon entente avec le coach Tal Banin fut parfaite. L’offre du Red Star est vite tombée et me voilà donc de retour dans l’Hexagone.


A.J.: La France vous manquait trop au final?

J. F.: J’avais eu des contacts avec le Red Star un an auparavant. Mais cela ne s’était pas concrétisé. Il est vrai que je voulais à tout prix découvrir l’élite israélienne.  L’éloignement de la famille et des amis d’une part et la perspective de retourner en région parisienne d’autre part ont beaucoup pesé dans ma décision finale.


A.J.: Votre salaire actuel est-il plus onéreux qu’en Israël? 

J. F.: Je gagnais mieux ma vie en Israël d’autant que les clubs sur place offrent un certain nombre d’avantages: appartement, voiture... La fiscalité y est par ailleurs plus avantageuse qu’en France. En signant au Red Star, j’ai vraiment voulu privilégier le côté sportif. Et être enfin reconnu dans mon pays.  


A.J.: Quels sont les atouts et les faiblesses du Championnat israélien?

J. F.: Le jeu est tourné vers l’avant. On y trouve des joueurs techniques et percutants. Cela n’est pas très tactique et physique. Moi, en tant qu’attaquant, je me suis régalé.


A.J.: Quid de l’ambiance dans les stades?

J. F.: En Israël, on observe un engouement des supporters dans les plus grands stades du pays comme à Haïfa, Netanya, Petah Tikva ou Beersheva. L’ambiance y était parfois électrique, à l’image de ce qu’on peut voir en Grèce ou en Turquie.    


A.J.: Un joueur vous a-t-il impressionné?

J.F.: Je pense à cet instant où je vous parle à Yossi Benayoun lorsque j’ai affronté son équipe du Maccabi Petah Tikva. On menait au score et lui, du haut de ses 38 ans, motivait ses partenaires. Le mec a tout connu dans sa carrière et on le voyait se battre au cours d’un simple match du Championnat. C’est là que j’ai compris l’exigence du très haut niveau. Je suis content d’avoir été en face de ce très grand joueur.



«Tout n’est pas parfait en termes d’infrastructures»


A.J.: Comment jugez-vous le niveau de professionnalisme en Israël?

J. F.:  On s’entraînait tous les jours, souvent le matin à cause de la chaleur. Après, au niveau des infrastructures, tout n’est pas parfait notamment en termes de matériels. On trouve forcément plus de rigueur au Maccabi Tel-Aviv qu’à l’Hapoël Raanana. Ce n’est pas pour rien si le Maccabi se retrouve en haut du tableau. Je pense que cela va se développer petit à petit dans d’autres clubs plus modestes.


A.J.: Un retour en Israël est-il envisageable?

J. F.: Je ne ferme aucune porte. Pourquoi pas en faveur d’une écurie qui joue les premières places pour l’Europe... Là-bas, je me suis fait un nom. Les gens me connaissent. Aujourd’hui, malgré nos résultats difficiles, je suis heureux au Red Star. Le projet est intéressant. 


A.J.: Intégrer la sélection algérienne, comme l’a fait votre oncle Fathi Chebel (qui a disputé le Mondial 1986), fait-il partie de vos rêves?

J. F.: Ce serait une véritable consécration. Mais ce n’est pour l’heure ni réaliste ni à l’ordre du jour.

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