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20 Janvier 2019 | 14, Shevat 5779 | Mise à jour le 20/01/2019 à 16h12

26 janvier - Chabbat Yitro : 17h18 - 18h29

Rubrique Communauté

Fin des séries du baccalauréat : Comment les écoles juives se préparent à la réforme ?

(DR)

C’est une véritable mutation du lycée français qui s’opère actuellement et qui concerne les élèves en Seconde cette année. Une mutation à l’issue de laquelle la filière scientifique ne devrait plus représenter la voie d’excellence pour les futurs bacheliers.

Menée par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, la réforme du lycée prévoit la fin des séries actuelles de la voie générale : plus de bac L, ES et S donc à partir de 2021. Cette réforme concerne ainsi déjà les élèves qui sont en Seconde et qui, dès ce mois de janvier 2019, devront choisir trois spécialités (parmi les douze déclinées) pour l’année de Première puis en garder deux pour la Terminale. Outre ces choix, la nouvelle version du Baccalauréat comptera seulement quatre épreuves en Terminale (celles de français reste maintenues en fin de Première), dont un grand oral. Le contrôle continu comptera quant à lui pour 40% de la note finale.

A la veille des vacances de décembre, la plupart des lycées ont fait connaitre à leurs élèves les spécialités qu’ils enseigneront en Première et Terminale. Rares seront en effet les établissements capables de proposer les douze spécialités et, selon le ministre de l’Éducation, la plupart d’entre eux devraient être à même d’en proposer sept sachant que les lycées auront la possibilité de travailler en réseau. 

Pour Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’Action scolaire au FSJU, « la majorité des écoles juives vont proposer un choix relativement  proche des enseignements que l’on avait jusqu’à présent à travers les séries. En revanche, poursuit-il, cela risque d’être compliqué pour les écoles qui n’ont qu’une seule classe de Terminale car il faut savoir qu’aucun budget supplémentaire n’a été alloué à cette réforme ».

Autre nouvelle donne à laquelle les écoles juives vont devoir faire face, l’instauration d’une spécialité appelée « numérique et sciences informatiques » qui sera certainement requise pour envisager des études d’ingénierie par la suite. Or, rappelle le responsable Enseignement du FSJU, « 10% seulement des écoles juives ont pour l’instant fait le choix du numérique. Et pour l’enseignement de cette matière, la difficulté première est la ressource humaine ». La formation d’enseignants est donc à l’ordre du jour. 

Les établissements vont ainsi devoir gérer leurs restructurations internes et en même temps répondre aux interrogations des élèves et de leurs parents. Sachant que « les repères habituels n’auront plus vraiment de valeur », comme le résume le directeur de l’école Yabné et président de l’ADEJF, l’association des directeurs d’écoles juives de France, Eliahou Bellahsen. « Il va falloir changer intellectuellement l’approche des choses », explique-t-il. Car l’idée sous-jacente de cette réforme est de permettre une meilleure auto-évaluation des élèves en amont afin qu’ils choisissent les matières qui leur correspondent le mieux et qui correspondront aussi au cursus d’enseignement qu’ils choisiront ensuite. Fini l’idée selon laquelle passer un bac scientifique assurerait le champ des possibles. La réforme du Bac sera donc aussi une réforme des mentalités.

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