Default profile photo

25 Juin 2019 | 22, Sivan 5779 | Mise à jour le 24/06/2019 à 14h53

Rubrique Communauté

Ces écoles publiques engagées dans un travail de mémoire

Capture d’écran : encadrés par trois de leurs professeurs, 40 élèves du lycée Charles de Gaulle de Dijon ont construit un projet d’étude historique sur la Shoah (DR)

Voyages à Auschwitz, parole donnée aux rescapés des camps, travaux de recherches, expositions... un grand nombre de collèges et lycées s’investissent sur des temps longs et de manière informelle pour que la transmission de l’Histoire de la Shoah soit assurée.

Conscients que trois ou quatre heures de cours magistral sur la Seconde Guerre mondiale ne suffiront pas pour prendre conscience de la Shoah, des enseignants, soutenus par les établissements où ils exercent, s’efforcent depuis de nombreuses années d’initier des projets pédagogiques et dynamiques exceptionnels pour tenter d’y parvenir.

Parmi les reconnaissances de ces travaux figure le prix Annie et Charles Corrin, placé sous l’égide du Fonds Social et parrainé par le ministère de l’Éducation nationale. Rescapé de la Shoah, Charles Corrin avait d’emblée perçu la nécessité d’agir auprès des jeunes pour œuvrer contre l’oubli voire le négationnisme. Avec son épouse Annie, il décida en 1989 de lancer un Fonds qui récompense un projet didactique mené en milieu scolaire ou associatif autour de l’enseignement de la Shoah. 

Les Lauréats 2019 – les prix seront remis ce jeudi 24 janvier – sont des élèves de Première ES du Lycée Grand Air de la Baule pour leur projet intitulé « Shoah, des destins singuliers » ; des élèves de Première et Terminale du Lycée international Charles de Gaulle de Dijon pour leur projet « De l’antisémitisme ordinaire à la mort de masse » et des élèves de Terminale Bac Pro Carrosserie de Mont de Marsan pour leur projet sur le « camp de Gurs ». 

Si ce prix est annuel, les établissements récipiendaires ont fait du travail autour de la Mémoire quelque chose d’ancré dans leur ADN. « Nous participons régulièrement au concours national sur la Résistance et la Déportation (CNRD), nous avons fait venir à plusieurs reprises d’anciens déportés, nous avons réalisé des expositions et d’autres projets qui ont été retenus au niveau académique. Tout récemment aussi, nous avons donné à notre Amphithéâtre le nom de Simone Veil, à l’issue d’une cérémonie lui rendant hommage », explique Alain Somveille, proviseur de la cité scolaire Grand Air. Soizick Jarno, la professeure d’histoire-géo détaille le projet récompensé : « C’est un travail qui s’est déroulé sur deux ans et qui a mobilisé deux puis trois classes de première. Il n’y a eu aucune réticence parmi les soixante-dix élèves qui y ont participé, bien au contraire. Nous sommes partis du cas emblématique de Moses Epelbaum, tailleur à Paris venu se réfugier avec sa famille à Saint-Nicolas de Redon. Si lui a été dénoncé puis déporté à Auschwitz en 1944, sa femme a pu venir après la guerre récupérer ses enfants qui avaient été cachés. Puis nous avons eu l’idée de travailler sur les familles qui exerçaient des métiers liés à la confection. Le textile est ainsi devenu notre support de production ».

Au lycée international Charles de Gaulle de Dijon, c’est un travail réalisé par une quarantaine d’élèves volontaires depuis la sortie du film « Le procès du siècle », (qui relate le procès du négationniste David Irving) au printemps 2017 qui est aujourd’hui primé. « Les élèves se sont pleinement impliqués dans ce projet. Ils ont pris sur leur temps de vacances pour le réaliser », explique Dimitri Vouzelle, l’un des enseignants qui a encadré ce projet. Au final ce sont une exposition, un livret ainsi qu’un film, d’une vingtaine de minutes* d’une qualité remarquable qui ont été réalisés. Dans cette école, un nouveau sujet est déjà à l’ordre du jour. Il s’agira des « femmes dans la Shoah ». 


Powered by Edreams Factory