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20 Avril 2019 | 15, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Communauté

Eva Sandler : « Je lutte chaque jour contre l’oubli »

(DR)

Sept ans après l’attentat contre l’école Ozar Hatorah de Toulouse, Eva Sandler fait vivre la mémoire de ses disparus dans le cadre du Beith Sander au profit duquel une soirée aura lieu lundi 4 février dans les salons Hoche.

Actualité Juive : Que représente et comment appréhendez-vous chaque année la soirée en faveur du Beith Sandler ? 

Eva Sandler : Le Beith Sandler a d'abord représenté une lueur d'espoir. Après l'attentat et le départ déchirant des miens, je me suis agrippée à ce projet pour continuer à les faire vivre parmi nous et à perpétuer leur mémoire. Petit à petit, cet espoir est devenu un projet réel où la voix de mon mari continue de se faire entendre par l'étude de la Torah qui était si chère à ses yeux. 


A.J.: Est-il toujours difficile de mobiliser la communauté autour de la soirée ?

E.S. : Cette difficulté va en progressant au fur et à mesure que le temps passe. Le temps n’agira jamais sur moi mais pour les autres, le ressenti s'est forcément atténué avec le temps et parce que d’autres drames tragiques ont malheureusement marqué depuis notre communauté. Elie Wiesel disait que le bourreau tue toujours deux fois, la seconde par l'oubli. C’est ça qui me hante et c’est pourquoi je lutte chaque jour contre l'oubli et je demande à chacun de se mobiliser pour que Jonathan, Arié, Gabriel et Myriam aient toujours un édifice en leur mémoire.  


A.J.: Parlez-nous du Beith Sandler. Comment fonctionne-t-il et quels sont ses projets ? 

E.S. : L’activité principale du Beith Sandler est le Kollel – la formation de rabbins francophones - qui accueille vingt étudiants, à l’image du rav Jonathan z"l qui s’était formé avant de retourner à Toulouse pour transmettre. Les étudiants ont fini leur première session il y a deux ans et la seconde session prendra fin dans trois mois. Pour la troisième session, nous espérons augmenter les effectifs. La seconde activité est celle à l’image d’Arié z"l, Gabriel z"l et Myriam z"l et réunit des enfants le chabbat autour d’un goûter afin d’écouter une histoire et la Paracha de la semaine. Des séminaires pour femmes sont aussi organisés à Montrouge et nous espérons développer les mêmes à Jérusalem. Nous avons aussi une dimension 'Hessed. A l’approche des fêtes de Tichri et de Pessa'h, des bons d’achat en grandes surfaces sont remis à des dizaines de familles nécessiteuses 


« C’est un édifice en leur mémoire »  

A.J.: Jonathan, Arié et Gabriel figuraient le 1er janvier dans la promotion de la Médaille nationale de reconnaissance aux victimes françaises du terrorisme. Comment avez-vous 

accueilli cette annonce ? 

E.S. : Cette distinction vient après presque sept ans. Elle avait été réclamée par monsieur Samuel Sandler et elle n'est évidemment pas comparable à l'édifice que nous, le 'Am Israel avons ensemble créé au lendemain de l'attentat. Néanmoins, je suis contente que les autorités françaises honorent le souvenir des victimes du terrorisme. Cette décoration fait suite à de nombreux hommages pour lesquels je suis profondément reconnaissante. La stèle érigée à Sarcelles et la commémoration annuelle le 19 mars à l'initiative de M. François Pupponi, la salle de classe Arié et Gabriel Sandler à l'école Chné Or, l'arbre dans l'école Ozar Hatorah à Toulouse, le square Jonathan Sandler à Versailles, la salle de classe Arié et Gabriel Sandler au Collège Georges Brassens, la plaque commémorative à l'école Maïmonide Rambam. 


  1. Réservations : 06.19.84.83.39
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