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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Communauté

Pierre Zaoui : « J’aime donner du bonheur »

Pierre Zaoui (g.) et les bénévoles de Kol Yaacov (DR)

Alors que son association Kol Yaacov organise lundi 11 février sa soirée annuelle avec Gilbert Montagné, Pierre Zaoui confie le sens de son engagement communautaire.

Comment rendre les gens heureux ? Comment aider concrètement mon prochain ? Si ces questions traversent souvent l’esprit de chacun d’entre nous, elles semblent être davantage gravées dans celui de Pierre Zaoui. Animateur, restaurateur, responsable de l’association Kol Yaacov qui aide les enfants nécessiteux en Israël…  L’homme de cinquante-neuf ans a toujours tout fait dans sa vie dans le but d’apporter des réponses à cette double interrogation. Jeune étudiant à la faculté de pharmacie de Chatenay-Malabry, il avait déjà mis en place un système de distribution de sandwichs pour permettre aux étudiants juifs de manger casher. Une première à l’époque qui lui avait valu les remontrances de l’administration universitaire. Il n’empêche, loin de le dissuader, l’expérience lui a donné envie de poursuivre dans la voie de la restauration. « Le grand rabbin Alain Goldmann qui était alors grand rabbin de Paris m’a fait confiance en me donnant son Hercher [certification religieuse]. C’est à partir de là que j’ai fait pendant trente ans de la restauration cachère », raconte Pierre Zaoui. 

C’est lui qui lance la mode des restaurants branchés, bien différents des quelques restaurants casher qui se trouvaient alors essentiellement dans les quartiers de Belleville, Saint-Paul ou de la rue Montmartre. Pierre Zaoui, qui manie aussi bien le micro que les couverts, fait de ses restaurants des pianos-bars, où l’ambiance est aussi bonne que la pizza. Tous ceux qui ont vécu à Paris dans les années quatre-vingt-dix se souviennent du Rolls, tout premier restaurant casher ouvert sur le Boulevard Voltaire. Puis le News, son autre restaurant situé boulevard de la République, cédé il y a un mois et demi. L’homme-orchestre ne pense pas pour autant à la retraite. « J’ai besoin d’être encore en activité », confie-t-il. 


Le Rolls, premier restaurant casher

En attendant, et depuis quinze ans maintenant, il continue de s’occuper de Kol Yaacov, une association basée en France et en Israël et qui a pour vocation d’apporter aide et assistance à ceux qui en ont particulièrement besoin. Une petite structure dont le noyau dur compte une douzaine de bénévoles (répartis sur les deux pays) mais qui parvient à aider des milliers de personnes. « Les gens pensent qu’il n’y a pas de pauvreté en Israël, parce qu’ils ne voient – ou ne veulent que voir – la luxuriance des grands hôtels. Or, il suffit d’un mauvais grain de sable pour envoyer les Israéliens dans des situations précaires », explique Pierre Zaoui. Et de citer le cas d’une jeune fille, dont la mère décédée et le père remarié, n’avait pas les moyens de régler les frais de son mariage. Kol Yaacov est intervenu en réglant une grande partie de ses dépenses. Ou encore, ces enfants orphelins, que l’association est allée chercher au huitième jour de Hanouka, pour les amener manger au restaurant et leur offrir des cadeaux. « Voir le regard de tous ces enfants s’illuminer, les voir sourire, c’est la plus belle des choses. J’aime donner du bonheur », affirme-t-il. Et il y réussit.

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