Default profile photo

19 Mars 2019 | 12, Adar II 5779 | Mise à jour le 18/03/2019 à 12h51

Rubrique Culture/Télé

Amos Oz : de la lumière aux ténèbres

(flash90.)

Il avait deux plumes. L’une pour la littérature, l’autre pour la politique. Et elles s’entremêlaient. Il se servait des mots pour prôner la paix et son désir de paix se trouvait derrière ses mots. Et si ses prises de positions politiques lui ont valu de nombreuses critiques, son œuvre était, elle, unanimement louée.

« J’aime Israël même si parfois je ne peux pas le supporter » répondait Amos Oz à ceux qui le traitaient de traître. Il aimait en effet son pays avec autant de force bienveillante qu’il mettait à le critiquer. Depuis 6 décennies, il mettait en garde contre les maux de l’occupation des territoires palestiniens.

   « La paix n'est pas seulement possible, elle est inéluctable, car ni nous ni les Palestiniens n’avons nulle part où aller », lance-t-il dans son éloge funèbre en hommage à Shimon Pérès. En 2010, il affirme que le Hamas n’est pas une organisation terroriste, propos édulcorés récemment quand il se demande si les Palestiniens veulent réellement la paix.



En 2010, il affirme que le Hamas n’est pas une organisation terroriste

Amos Oz est celui qui contribuera sans doute le plus, grâce à sa capacité exceptionnelle à interpeller le lecteur, à faire comprendre les réalités d’Israël à ceux qui peinent à les cerner. Notamment dans son roman autobiographique « Une histoire d’amour et de ténèbres». Son œuvre distinguée par le Prix Israël et pléthore de prestigieuses récompenses internationales, est connue aux quatre coins de la planète faisant de lui l’un des meilleurs, bien que controversé, ambassadeurs d’Israël.  « On ne pouvait être que fasciné par ses analyses éclairées et par sa perception profonde et étendue de la nature humaine et de la politique », a confié David Grossman, autre écrivain israélien consacré. Abraham Joshua, a, lui, avoué qu’Amos Oz lui avait inculqué le courage du militantisme, notamment « après la guerre de 1967 alors qu’il fait front seul contre ceux qui l'accompagnent tous les jours au petit-déjeuner ». Bien qu’adversaires idéologiques, Binyamin Netanyahou a déploré la mort d’un des plus grands écrivains israéliens. « Malgré nos divergences j'appréciais sa contribution à la langue et au renouveau de la littérature hébraïque ». Le ministre français de la Culture Franck Riester s’est dit attristé par la mort d’ «une figure majeure de la littérature israélienne qui en France comme dans le monde avait un public fidèle qui partageait ses valeurs de paix » 

Powered by Edreams Factory