Default profile photo

17 Août 2019 | 16, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Culture/Télé

Yaïr Benaïm : L'importance de tenir une promesse

(DR)

Né à Haifa, au début des années 70, Yaïr Benaïm se consacre avec succès depuis sa plus tendre enfance au violon. Depuis il a traversé la mer pour s'installer en France et poursuivre aussi une carrière de chef d'orchestre. Dimanche 13 janvier* il donnera un concert avec son Open Chamber Orchestra qui va lui permettre de réaliser sa promesse pour le plaisir du public et des professionnels.

Actualité Juive : Comment est né l'Open Chamber Orchestra ?

Yaïr Benaïm : C'est un orchestre que j'ai crée en 2017 et qui a deux piliers, le premier c'est l'excellence parce que je n'ai pris que des musiciens triés sur le volet, certains sont solistes dans des orchestres nationaux français, d'autres sont sortis brillamment du CNSM et d'autres structures supérieures. Le second c'est la musique de chambre. Je viens moi-même d'un quatuor de chambre où j'étais premier violon qui s'appelle le quatuor Benaïm et avec lequel nous avons gagné des prix importants à Munich, à Bordeaux. Venant de la musique de chambre je voulais construire un orchestre dont la culture serait cette osmose qu'on a dans un quatuor à cordes. Suivant les programmes nous sommes entre 22 et 60 musiciens. 


A.J.: Qu'est-ce qui vous a donné envie de construire le programme que vous présentez le 13 janvier ?

Y.B. : C'est né de mes origines israéliennes et mon vécu de musicien en Israël où j'ai grandi en écoutant et jouant les répertoires de Paul Ben-Haïm, Marc Lavry et Ben Partosh. J'étais amoureux de cette musique composée pour moi par des génies. Je les ai beaucoup jouées jusqu'à mes 22 ans lorsque je suis arrivé en France. Là j'ai remarqué qu'ils n’étaient pas du tout connus ni programmés. Cela m'a d'autant plus surpris qu'ils sont tous les trois européens : Ben-Haïm vient de Munich, Marc Lavry est lituanien et Partosh vient de Budapest. Ils sont tous les trois partis en Palestine dans les années trente pour sauver leur peau alors qu'avant ils avaient des carrières importantes en Europe. Le fait qu'ils soient partis en Israël a contribué à ce qu'ils composent des choses formidables là-bas où ils ont gagné leur notoriété. Mais ici on les a oubliés. Je m'étais donc promis qu'une fois un orchestre de qualité constitué je ferais connaître leurs musiques.


A.J.: Expliquez - nous le soutien de la Fondation de la Mémoire pour la Shoah. 

Y.B. : En fait deux institutions nous ont apporté leur soutien, la FMS et l'Institut Alain de Rothschild. Pour la première il est indéniable que s’il n'y avait pas eu la montée du nazisme en Europe ces compositeurs seraient restés et auraient été reconnus comme d'autres compositeurs de leur génération. Ils auraient beaucoup été joués en Europe. Leur départ a changé leur parcours et c'est pour cette raison que je voudrais réparer cette situation. L'Institut nous soutient pour ces raisons mais aussi pour le fait que nous avons aussi un projet avec l'Open Chamber Orchestra qui s'inscrit dans l'insertion de jeunes en voie de professionnalisation. A l'occasion de ce concert ils seront là pour jouer et rencontrer des musiciens aguerris qui vont leur tendre la main pour participer à d'autres projets qui leur permettront de bâtir leur avenir professionnel. 


  • 13 janvier à 17 h - Pan Piper 2-4 impasse Lamier 75011 Paris - Tarif 20e, placement libre
Powered by Edreams Factory